Bénin : Nazaire Hounonkpè face aux frustrations des éléments de la Police Républicaine

L’avènement de la Police Républicaine rime avec le grincement de dents dans le nouveau corps crée par le chef de l’Etat. Et pour cause !

Les conditions faites à l’un des deux corps unifiés à la Police Républicaine, font polémique. En effet, depuis la mise en œuvre de cette réforme du chef de l’Etat Patrice Talon il y a seulement quelques mois, les éléments de la gendarmerie notent une sorte ‘’d’injustice’’.

Laquelle se traduit par les différentes mutations ou nominations opérées par le Directeur général de la police Républicaine, l’inspecteur général de police Nazaire Hounonkpè. Au sein de ce nouveau corps créé par la loi n°2017-41 portant création de la Police Républicaine en République du Bénin, les mutations font des mécontents. « Nous ne savons pas sur quelle base juridique les nominations se font actuellement dans les commissariats », a confié une source qui garde l’anonymat.

L’harmonisation des galons est à l’origine de ce désordre. Dans une unité de gendarmerie, pour être commandant il faut avoir un diplôme de commandement. Mais le contraire s’observe avec les récentes nominations. A la gendarmerie, la hiérarchie est composée

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Bénin : visa de commercialisation de médicaments accordé à un autre laboratoire

Un nouveau piège pour les grossistes répartiteurs ?

Se fondant sur la collaboration malencontreuse avec le laboratoire New Cesamex, certains grossistes sont inquiets de l’avènement sur le marché de la fourniture des médicaments d’un autre laboratoire et indien comme le précédent. Le fait que le ministère de la santé leur ait accordé le visa de commercialisation de leurs produits au Bénin suppose qu’il doit devenir le nouveau partenaire des grossistes répartiteurs. C’est avec pertinence que certains d’entre eux se demandent si l’avènement de cet autre fournisseur ne constitue pas un nouveau piège tendu aux grossistes répartiteurs.

L’expérience malheureuse que les grossistes ont eu de leur collaboration avec le laboratoire New Cesamex, a développé chez certains parmi eux des réflexes de prudence même lorsque le partenaire présenté, est autorisé par le gouvernement. C’est le cas du laboratoire MaverickHealthcare qui a obtenu du ministère de la santé, les autorisations de mises sur le marché de ses produits pharmaceutiques. Comme new Cesamex, MaverickHealthcare représente au Bénin du laboratoire CianHealthcareproducts basé en Inde. Cette firme dit avoir autorisé MaverickHealthcare à commercialiser ces produits au Bénin. Des autorisations de mise sur le marché béninois de neuf de ces produits ont été signées le 22 août 2017 au nom du ministre de la santé par le directeur de la pharmacie. Cette firme a aussi reçu du ministère de la santé, le visa de commercialisation de ces produits sur le marché béninois, signés par la même autorité le 21 août 2017. Le visa de commercialisation indique les prix hors taxes de livraison de ces produits aux grossistes.

Le doute persiste

L’autorité signataire des visas de commercialisation recommande à ce fournisseur de prendre attache avec un certain nombre d’entreprises connues comme étant des grossistes répartiteurs des médicaments en santé. Malgré ces autorisations brandies par ce nouveau fournisseur, certains grossistes répartiteurs restent dubitatifs sur le sérieux à accorder à ce dernier. D’où la réticence observée à passer des commandes où à mettre en circulation les produits livrés par ce fournisseur. Puisque l’assignation surprenante des grossistes répartiteurs en justice jusqu’au verdict de condamnation ferme prononcé à l’endroit, a plongé la plupart de ces acteurs dans une psychose collective. Ces grossistes répartiteurs n’en reviennent pas de savoir que

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Rencontre Talon - pharmaciens : Un dossier encore plein de brouillard et d’incertitudes

La magie et la force de la communication résident dans la capacité à faire voir la victoire là où l’échec est patent, la vérité là où le doute est évident.

La rencontre du chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, a été présentée comme une cérémonie au cours de laquelle les mis en cause c’est-à-dire les grossistes répartiteurs sont allés confesser leurs péchés et ont à l’occasion sollicité la clémence du prince afin que leurs jours se prolongent ici bas. Ce cliché marketing de cette rencontre est de nature à faire oublier le caractère énigmatique de ce dossier qui recèle encore de nombreuses zones d’ombre et des points à élucider.

Si l’on s’en tient aux comptes rendus servis par différents médias sur la rencontre entre le chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, on serait tenté en toute naïveté de penser qu’on sait déjà tout sur dossier. Ce d’autant plus qu’avec des images à l’appui, les millions de téléspectateurs, ont entendu des grossistes répartiteurs reconnaitre leurs fautes et implorer le pardon pour que l’épée de Damoclès cesse de planer sur leurs têtes. Mais ce scénario digne d’un film hollywoodien, n’est que la face visible de l’iceberg qui cache le vrai visage de ce dossier qui présente encore de nombreuses zones d’ombre. La mauvaise foi des metteurs en scène de ce scénario est d’abord le refus d’informer l’opinion sur le fait que ladite affaire est encore pendante devant la justice. Qu’elle a juste connu un premier épilogue avec le jugement rendu par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Un jugement qui a condamné les grossistes répartiteurs assignés, à des peines d’emprisonnement ferme avec des amendes individuelles et collectives. Les scénaristes ont refusé au cours de leur mise en scène d’informer l’opinion de ce que cette condamnation au niveau du tribunal de première instance n’est pas définitive et que la défense a interjeté appel et que le procès doit se poursuivre en appel.

Questions à 1 million de dollar

Comment comprendre qu’une affaire qui doit se poursuivre en justice au niveau de la cour d’appel fasse l’objet d’une conciliation ou de « mea culpa » ? Comment les conseillers du chef de l’Etat l’ont-ils laissé se prononcer sur une affaire sur laquelle qui doit se poursuivre devant la Cour d’appel? Est-il juridiquement admissible que pour une affaire encore pendante devant la justice, que le chef de l’Etat fasse un jugement de valeur favorable ou défavorable sur une des structures mises en cause comme cela a été le cas avec New Cesamex ? Des observateurs et analystes continuent à se gratter les méninges pour comprendre le sens et la portée de cette rencontre du vendredi 30 mars 2018 au Palais de la Marina ? Puisque selon le principe cher et toujours clamé par le chef de l’Etat, celui de la séparation des pouvoirs, le président de la république ne peut pas s’immiscer dans des affaires traduites en justice. En considérant ce principe au nom duquel le chef de l’Etat demande souvent de laisser la justice faire son travail, on est surpris par l’organisation de ce show télévisé de vendredi dernier. Etait-il organisé pour dire que la suite du procès se décide désormais au Palais de la Marina ou pour inviter les mis en causeà venir reconnaitre leurs fautes et entrer ainsi en négociation pour trouver d’autres formes de condamnation ?

Le grand mystère

Toujours est-il que même parmi les acteurs retenus pour ce film court métrage, il y en qui ont refusé de répéter les dialogues contenus dans le scénario et qui ont parlé en âme et conscience en disant ne pas se reconnaitre dans ce capharnaüm de mauvais goût. Cet acteur rebelle aux dialogues imposés aux acteurs, a clairement dit que sa structure ne s’associe pas à ses séances de salamalecs. Parce qu’il reste convaincu que ce qui est reproché aux grossistes répartiteurs, c’est-à-dire le fait de s’approvisionner auprès d’un fournisseur « illégal », New Cesamex, relève plutôt de la défaillance de l’administration. Sa prise de position rappelle celle de

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« Faux médicaments » : condamné Sylvain Grassin, le Dg français de Promopharma porté disparu

(Serait-il exfiltré ?) Une nouvelle affaire s’ouvre dans le dossier dit de « faux médicaments ». Depuis quelques jours, c’est la disparition de Sylvain Grassin qui alimente les polémiques. Le patron français de Promopharma – une des sociétés grossistes -, condamné comme ses collègues à quatre ans de prison, est porté disparu depuis lundi. Depuis ce jour, sa silhouette n’a plus été aperçue ni dans sa cellule, ni au Cnhu où il devrait recevoir des soins.

Où est passé Sylvain Grassin ? Depuis le lundi 26 mars, ce français en détention comme quatre autres responsables des sociétés grossistes, a disparu de sa cellule à la prison civile de Cotonou. Selon des sources proches des autorités pénitentiaires, il devait se rendre au Centre national hospitalier et universitaire (Cnhu), pour des soins. Mais chose curieuse, il n’y a pas été retrouvé depuis ce lundi.

Ses codétenus aussi n’ont pas de ses nouvelles. On se demande s’il est toujours au pays, puisque ses parents sont

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Bénin : La preuve que le gouvernement est à bout de souffle

Après les multiples négociations infructueuses du gouvernement avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales, le médiateur de la République Joseph Gnonlonfoun s’est impliqué dans la recherche de solutions, pour une sortie de la crise qui secoue le Bénin depuis le 5 janvier 2018. Ainsi, au cours d’une rencontre avec des acteurs ce mardi 28 mars 2018 au siège de son institution, il a été question de trouver des voies et moyens pour le dégel de la crise.

Le gouvernement semble visiblement montrer ses limites dans les négociations avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales, et les agents grévistes. La persistance de la crise depuis presque 4 mois maintenant inquiète. Depuis lors, les réflexions s’accentuent sur la méthode idéale pour sortir le Bénin de ce cafouillage, qui risque de conduire à une année blanche. Le risque est aussi grand si la crise ne trouve pas de solution au niveau des autres secteurs touchés, à savoir la justice et la santé. On peut croire depuis ce mardi, que les négociations changent de camp et de figures de proue, avec l’implication du médiateur de la République. Même si le dernier mot revient au gouvernement pour le retour à l’accalmie, une implication de tiers est nécessaire. C’est donc à raison que le médiateur rencontre pour deux jours une kyrielle de personnalités et d’acteurs de la société civile, pour tenter une nouvelle approche en vue du dégel de la crise.

Depuis ce mardi, les hôtes de Joseph Gnonlonfoun notamment les anciens ministres Sylvain Adékpédjou Akindès

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Bénin : Le pouvoir Talon panique devant le réveil de l’opposition

Le Bénin est devenu un Etat démocratique en 1990, depuis la tenue de la Conférence des Forces vives de la Nation. Cette option est inscrite dans la constitution du 11 décembre 1990. L’existence des partis politiques d’opposition est ainsi devenue une réalité dans notre pays. Mais jusqu’à présent, les différents régimes au pouvoir au Bénin n’acceptent pas trop la présence de partis politiques d’opposition, pour critiquer ou apporter des avis contraires aux leurs, concernant la gouvernance du pays. C’est le cas de l’actuel régime de la Rupture, dirigé par le Président Patrice Talon, qui fonctionne comme si le Bénin démocratique ne mérite aucun parti d’opposition.

A sa prise de pouvoir le 06 avril 2016, le régime du Président Patrice Talon avait suscité un enthousiasme populaire, ayant entraîné une vague d’adhésions générale. Les militants et personnalités des formations politiques qui devraient se retrouver dans l’opposition, se sont touts, ou presque, ralliés au pouvoir de Patrice Talon comme si l’opposition n’a plus sa place au Bénin. Mais les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs, et les intellectuels et cadres de haut niveau qui souhaitaient travailler aux côtés du régime pour l’aider à réussir sa mission, ont vite déchanté.

Le pouvoir s’est enfermé dans un mutisme inquiétant sur la gestion des affaires publiques. Il s’est lancé dans une politique de répression à l’endroit de toutes les personnes qui veulent dénoncer ses abus et ses décisions arbitraires. Le béninois lambda n’est pas mieux logé, subissant des brutalités de tout genre. Candide Azannaï qui a été un grand soutien et un très proche du Président Talon, a alors décidé de marquer sa distance vis-à-vis du pouvoir en place, pour se battre aux côtés du peuple qui l’a aidé à porter Talon au pouvoir. La tenue du congrès de son parti Restaurer l’espoir a été un grand succès. Mais le régime n’a pas digéré le départ de Candide Azannaï de son rang. Ce dernier a subi railleries et humiliations de la part du pouvoir, qui le fit passer pour un menu fretin. Mais Candide Azannaï est resté imperturbable, et il a affirmé son entrée dans l’opposition pour mener le combat de la libération du peuple. Il a mis à nue la cachoterie du chef de l’Etat, ses manœuvres d’intimidation et de brutalité, de violation des libertés et des lois de la république. Il a appelé la population à la résilience contre tous les abus de ses droits.

Une opposition qui s’organise…

Le mois de février dernier a connu la tenue du congrès de la grande alliance Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), qui a réussi une forte mobilisation de ses militants venus de toutes les régions du Bénin pour se retrouver à Parakou. L’apparition de l’ancien Président Yayi Boni a été un événement. Très sollicité par les militants, il a été accueilli en triomphe par toutes les populations présentes sur les lieux. Le pouvoir alors s’est lancé dans

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Bénin : la décision de la Cour qui dévoile le double jeu du gouvernement

Une des récentes décisions de la Cour constitutionnelle, dévoile le double jeu du gouvernement dans la lutte contre la corruption. Il s’agit de la décision Dcc 18-060 du 08 mars 2018. En effet, saisie d’une requête de Serge Prince Agbodjan, la Cour s’est déclarée incompétente pour dire si la présidente de la Chambre des comptes de la Cour suprême a violé la constitution, en ne procédant pas aux vérifications des déclarations de patrimoine.

Dans l’instruction du dossier, cette dernière a répondu à la Cour avoir joué sa partition, en déclarant elle-même ses biens. Mais ajoute-t-elle, si les choses piétinent c’est par manque de moyens. Selon ses déclarations, le ministre des Finances n’a répondu à aucun des courriers à lui adressés pour réclamer la mise à disposition de fonds. La même décision fait état des cas de ministres qui se sont opposés à déclarer leur patrimoine.

Parmi eux, il y a le ministre des Finances Romuald Wadagni lui-même, qui affiche ainsi son mépris pour

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Rachat des dettes intérieures du Bénin : Le gouvernement dans un deal suspect avec la Sgi

Dépassé par les dettes, l’Etat Béninois décide de confier la gestion de sa dette intérieure à la Société de gestion et d’intermédiation (Sgi). Celle-ci devrait rechercher dans les 60 jours qui suivent des investisseurs potentiels pour racheter la dette intérieure bancaire du Bénin, estimée à 350 milliards de fcfa. Cette formule présente d’énormes dangers pour le Bénin.

« Débiteur : Etat béninois ; Arrangeur : Sgi-Bénin ; Bénéficiaires : Créanciers bancaires de l’Etat Béninois ; Nature du concours : Prêt direct garanti ; Montant du prêt sollicité : 350 milliards ; Durée de remboursement : 10 ans ; Taux indicatif : 4,5% l’an net d’impôts, … Garantie et supports : Garantie souveraine de l’Etat du Bénin … ». Telles sont quelques unes des caractéristiques de l’opération sollicitée par le gouvernement Béninois. En effet, dans une lettre en date du 08 février 2018, le ministre des Finances Romuald Wadagni, donne mandat à la Sgi de l’aider à trouver des investisseurs pour racheter les 350 milliards de dette intérieure du Bénin.

Il s’agit des dettes intérieures béninoises contractées auprès de banques, et ceci devrait permettre d’injecter un peu de liquidité dans le pays pour relancer l’économie nationale. Mais trois choses intriguent dans cette opération. Il s’agit d’abord du montant exorbitant : 350 milliards. C’est beaucoup d’argent et on se demande comment et quand le gouvernement a pu accumuler une si importante dette auprès des banques. Ensuite, on se demande comment la société Sgi a été choisie. Normalement, la société d’intermédiation devrait être choisie après avis d’appel d’offres international. Ce qui n’a pas été le cas, car la Sgi a été choisie à la volée. Un choix qui renforce les soupçons de

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Construction des musées au Bénin : Encore de juteux marchés de gré à gré

Le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 21 mars 2018, a annoncé la construction des musées d’Abomey, d’Allada, de Porto-Novo, de Ouidah et de la Marina, Porte du non-retour. Si cette décision du gouvernement est à applaudir, des questions se posent sur les conditions de sélection des entreprises qui seront en charge de la construction des infrastructures culturelles.

Depuis la prise du pouvoir d’Etat par le Président Patrice Talon le 06 avril 2016, les Béninois dans leur ensemble espéraient que les mauvaises pratiques qui ont plombé les actions des gouvernements successifs, allaient du coup s’estomper à la satisfaction générale. Erreur. En effet, le silence gardé par le chef de l’Etat sur la gestion de certains dossiers touchant l’économie de la nation, étonne les citoyens avertis à tel point que l’on se pose encore la question de savoir si le Président de la république travaille véritablement pour le bien-être de toute la nation, ou si ses actions sont seulement orientées à son profit, à celui de son entourage immédiat et à ses amis.

Le gré à gré, un cancer sous la rupture

La passation des marchés publics constitue un véritable problème sous l’actuel régime. La dernière en date est celle publiée par le Conseil des ministres du mercredi 21 mars 2018. Le communiqué de ce conseil des ministres a fait mention de : « la Sélection des cabinets pour la mise en œuvre des projets de construction des musées d’Abomey, d’Allada, de Porto-Novo, de Ouidah et de la Marina, Porte du non retour ».

Cela devrait être une bonne nouvelle pour les populations d’entendre que le pays sera désormais doté de nouveaux musées, qui contribueront largement au développement du tourisme. Mais aucun appel d’offres aussi bien au Bénin qu’à l’international, n’a été lancé pour sélectionner lesdits  cabinets. Seuls le Président Patrice Talon et son gouvernement sont au courant de cette sélection sans appel d’offres. Mais un fait inquiète.

Dans le communiqué du Conseil des ministres, il est déclaré : « Dans cette perspective, des négociations ont été engagées avec les cabinets spécialisés de renom, en vue de disposer de dossiers architecturaux et d’études techniques détaillées, pour amorcer la phase de construction des infrastructures ». A quoi joue le gouvernement lorsqu’il parle de sélection et de négociation pour les mêmes projets ? Cette contradiction est surprenante, même si le gouvernement évolue dans un flou artistique sur les marchés de gré à gré.

Reste à savoir si le conseil des ministres est devenu une agence de

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Réglementation de la circulation des camions à Cotonou : L’arrêté de Toboula qui sème la confusion

Les conducteurs de camions ont vécu une journée difficile hier mercredi 21 mars 2018 dans la ville de Cotonou. A l’origine, des arrestations du commissariat de Fidjrossè, sur la base d’un arrêté du préfet du département du Littoral en date du 8 mars 2018, interdisant la circulation aux camions sur certains axes routiers de son territoire de compétence.

Dix camions dont deux citernes, un camion berne six roues chargé de ciments et autres, ont été arraisonnés par les éléments du commissariat de Fidjrossè hier mercredi 21 mars 2018, au niveau du carrefour Cica Toyota. Ils ont été conduits sur le champ au commissariat, en application de l’arrêté préfectoral n°8/0047/Dep-Lit/Sg/Scad/Sa, du département du Littoral. Cet arrêté du préfet Modeste Toboula, interdit la circulation des camions sur certains axes routiers. Il s’agit en l’occurrence des axes : Carrefour Cica Toyota – carrefour ‘’Trois banques’’ dans le département du Littoral. Dans ses arguments, l’arrêté fait remarquer les nombreux cas d’accidents et de pannes survenus sur l’axe, où se trouvent les services essentiels comme la Présidence de la République et le Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga.

L’arrêté qui crée la confusion…

L’article 1er dispose : « Est et demeure interdite, la circulation des camions gros porteurs et assimilés sur l’axe carrefour Cica Toyota – carrefour ‘’Trois banques’’, dans le département du Littoral ». Cette disposition de l’arrêté préfectoral est différente de l’une de ses mesures prises courant août 2016, relatives aux heures de circulation des camions dans la ville de Cotonou. Invité sur la télévision nationale, le préfet Modeste Toboula avait martelé que les camions ne peuvent circuler les matins qu’entre 9h et 12h, le soir entre 16h et 18 et la nuit entre 22h et 06h du matin. Cette mesure du préfet

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UEMOA : après le dernier échec, le Bénin encore en quête de 20 milliards

Les autorités béninoises recherchent de nouveau un montant de vingt milliards sur le marché financier. La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique du Bénin aémis un bon assimilable de trésor au niveau de l’Agence Umoa-titres dont l’échéance est prévue pour trois mois

Le Bénin recherche encore un montant de vingt milliards sur le marché financier pour ses besoins de financement de projets ou d’investissement. Cette demande de levée de fonds pressante des autorités de la direction du trésor fait suite à celle du 15 mars dernier.

Sur un montant de trente cinq milliards de francs Cfa pour une échéance de trois ans sollicité, le Bénin n’a obtenu qu’une soumission de 18,337 milliards de francs Cfa, soit un taux de 52,39%. En moins d’une semaine, le besoin financier ‘’très pressant’’ du pays l’amène encore sur le marché financier avec une nouvelle demande de vingt milliards. Ce montant est sollicité pour le jeudi 29 mars 2018 prochain,date de dépôt des soumissions à 10h30 minutes Temps Universel, avec pour échéance trois mois. La valeur unitaire nominale pour cette demande est de un million de Fcfa. C’est-à-dire que si le Bénin parvenait à lever ce fonds de vingt milliards, il s’engage à rembourser dans un espace de trois mois, soit le jeudi 28 juin 2018 avec un taux d’intérêt multiple. Selon nos sources, c’est avec insistance que le ministre de l’Economie et des Finances a sommé le directeur général du Trésor public ce lundi d’introduire une nouvelle demande à l’agence de l’Umoa après l’échec du 15 mars dernier.

La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique du Bénin multiplient ainsi les émissions de bons de trésor ces derniers temps au niveau de

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Rémunérations du gouvernement : Patrice Talon s'oppose à la Cour constitutionnelle

On ne saura peut être jamais le montant des salaires de Talon et de ses ministres. Une dernière décision rendue par la Cour constitutionnelle le 20 février 2018, le prouve à suffisance.

Le chef de l’Etat et son ministre des finances se sont opposés aux mesures d’instruction de la Cour constitutionnelle, saisie par la requête d’un citoyen qui défère devant elle un recours sur l’inégalité instaurée par le gouvernement entre les émoluments de ses membres et les présidents des institutions.

Combien gagne le président Patrice Talon ? Et ses ministres ? 8 ou 16 millions ? On ne le saura peut être jamais. Toutes les tentatives pour connaître ces montants ont été vaines. Les travailleurs l’ont réclamé, la presse aussi mais jamais rien. Le gouvernement est resté imperturbable sur cette question. La dernière tentative est celle de la Cour constitutionnelle. En effet, dans la décision Dcc 18-045 rendue le 20 février 2018, la Cour affirme « le silence du Président de la république et du ministre de l’économie et des finances aux mesures d’instruction de la Cour ». Cette déclaration est faite dans la partie « analyse du recours » de la fameuse décision. En réponse à la saisine de la Cour, le président de la république a opposé un refus catégorique, exprimé par

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UEMOA : Le Bénin en difficultés pour la levée des fonds

Le Bénin a encore enregistré un échec dans la levée de fonds sur le marché financier de l’espace Uemoa. Ce sixième échec en l’espace de quelques mois dénote certainement de la faible crédibilité que les citoyens de l’espace économique sous-régionale accordent au pays du compétiteur-né, Patrice Talon.

Le Bénin peine de plus en plus à lever des fonds sur le marcher financier Uemoa. En effet, l’Agence Umoa-titres en collaboration avec la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, a organisé le 15 mars 2018 l’émission d’obligation assimilable du trésor, d’un montant de trente cinq milliards de francs Cfa pour une échéance de trois ans, soit le 16 mars 2021. C’était sur la demande de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique du Bénin. Mais le Bénin n’a obtenu qu’une soumission de 18,337 milliards de francs Cfa, soit 52,39% du montant recherché. Contrairement à d’autres pays de la sous-région qui obtiennent l’entièreté de leur demande de fonds et même au délà, le Bénin fait l’exception. Il essuie de façon répétée une sueur froide dans l’émission des titres. Il faut constater que le Bénin n’a pas encore réussi à lever sur le marché financier de l’Umoa la totalité des fonds attendus. Il enregistre une série d’échecs que l’on peut assimiler à la faible confiance que les financiers ont de la gouvernance financière au Bénin.

Contrairement à ce que les autorités distillent dans l’opinion par rapport à la mobilisation de ressource, les différents cas de réticence des partenaires à accéder à leur demande prouvent que le pays perd sa ‘’crédibilité’’ auprès des investisseurs. Le 07 décembre 2017 sur une demande de 35 milliards, le Bénin a

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Affaire de faux médicaments au Bénin : Les preuves de la légèreté de la Dpmed

La décision rendue mardi 13 mars dernier par le tribunal de première instance de Cotonou dans « l’affaire des faux médicaments », continue de faire des vagues. Tout s’est passé de manière à disculper habilement l’Etat représenté par la Direction de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (Dpmed). Pourtant, il existe des preuves évidentes de ces légèretés ayant conduit à la situation que tout le monde déplore aujourd’hui.

Depuis le verdict rendu par le tribunal de Cotonou sur l’affaire dite des faux médicaments mardi dernier, beaucoup ont douté de la sincérité du gouvernement dans cette lutte. Est-ce vraiment une opération de lutte contre les faux médicaments ? S’interrogent maintes personnes qui n’arrivent pas à s’expliquer les nombreuses contrariétés relevées dans la conduite de cette opération.

Car, en dehors des accusations qui accablent ces grossistes aujourd’hui condamnés à quatre ans de prison et des amendes faramineuses, il y a bien celles qu’on devrait porter à l’Etat et ses structures compétentes. Si tout cela a pu se passer, il faut au-delà de la responsabilité de l’Ordre des pharmaciens voir celle du gouvernement. Il est donc bien curieux de voir que le débat puisse occulter cette lourde responsabilité dans la mesure où l’Etat est responsable de la politique pharmaceutique du Bénin, et c’est lui qui a les pouvoirs régaliens de faire

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Bénin : un juriste saisit la Cour pour soustraction frauduleuse de 40 milliards par le gouvernement

Le juriste Chabi Sika Abdel Kamar Ouassagari, secrétaire général de l’Ultra-Sonapra, dénonce une soustraction frauduleuse de plus de quarante milliards de deniers publics à la Sonapra par le gouvernement. Il a saisi la Cour constitutionnelle et demande à la haute juridiction de dire le droit en déclarant contraire à la constitution, ces retraits frauduleux qui ont servi à payer trois sociétés soupçonnées d’appartenir au chef de l’Etat.

Le syndicaliste informe dans sa requête, que plusieurs milliards ont été débloqués des caisses de l’Etat pour payer trois sociétés soupçonnées d’appartenir au chef de l’Etat. Ceci, en complicité avec le président de la République, le ministre de l’Economie et des Finances, le ministre de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche, le directeur général de la Sonapra. Il demande à la haute juridiction de déclarer contraire à la constitution, le paiement de 17.412.969.459 à la Sodeco, de 4.304.492.416 à la Société de Distribution Internationale (Sdi), et de 1.174.913.263 francs Cfa à la société Denrées et fournitures agricoles (Dfa).

Le requérant expose : « le ministre de l’Economie et des Finances a, par arrêté année 2016 n°1556-c/MEFPD/DC/SGM/DGB/DPB/SC du 19 avril 2016, autorisé l’engagement en dépassement de crédits sur la rubrique budgétaire 39 4 82 068 834 00 63 1 9 intitulée « subventions à d’autres établissements publics », de douze milliards quatre cent quatre vingt dix millions deux cent quatre vingt mille neuf cent quatre vingt (12.490.280.980), pour faire

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Bénin : Inquiétudes sur la détention du fiscaliste Eric Hounguè

Par voie de correspondance adressée au Président de la République, initiateur de l’opération de lutte contre la corruption dont notre rédaction a obtenu copie, les Conseils du fiscaliste Eric Hounguè ont exprimé leurs inquiétudes sur les dérapages éventuels de cette campagne d’assainissement des mœurs.

En citant le cas de leur client, ils ont mis en évidence un certain nombre de faits qui méritent de retenir l’attention dans le climat délétère de cette opération dite de salubrité morale.

Les dossiers d’affaires de lutte contre la corruption font des vagues. Sur les réseaux sociaux, les médias classiques comme dans les chaumières, les commentaires vont bon train. A chaque fois, c’est la qualité des personnalités arrêtées qui défraie la chronique. C’est le cas de l’affaire de détournement des deniers publics au Cncb. Le cabinet d’avocats qui défend Eric Hounguè est inquiet de la détention de son client dans le cadre de l’affaire de détournement de fonds au Conseil national des chargeurs du Bénin, Cncb. Plusieurs faits fondent leurs inquiétudes en commençant par la forme de son interpellation. Selon, le conseil d’Eric Hounguè, ce dernier a été arrêté le mardi 20 février 2018 sans convocation et conduit manu militari à la Brigade économique et financière. Les avocats rappellent que c’est en fin de journée qu’il lui a été notifié les faits qui lui sont reprochés. Déjà cette manière d’interpeler un citoyen sans convocation suscite des interrogations sur l’objectivité de cette arrestation surtout qu’elle intervient selon les avocats d’Eric Hounguè, au lendemain de sa séance de travail que le fiscaliste a eue avec l’équipe de Sébastien Ajavon que toute l’opinion publique sait en conflit avec la direction des impôts.

Des accusations sans fondements

La correspondance du conseil fait remarquer que le sieur Hounguè, docteur en fiscalité, expert en contentieux fiscal, et auteur d’ouvrages de référence dans son domaine, mettait seulement son expertise au service d’un client. Et les conseils veulent espérer que son arrestation brutale et irrégulière n’est pas une espèce de sanction punitive à son endroit. Ces inquiétudes des conseils se trouvent aussi renforcées par le comportement des institutions chargées de conduire la phase préliminaire de l’enquête. Et parlent du caractère spécieux des faits qui lui sont reprochés: 1) avoir signé un contrat avec le Cncb sans appel d’offres, 2) n’avoir pas fourni de prestations, 3) avoir perçu des honoraires allant jusqu’à 600 millions Fcfa, 4) N’avoir pas produit de factures.

Sur le premier grief, les conseils expliquent qu’il ne revient pas à un prestataire de lancer un appel d’offre ni de vérifier si cela a été fait au préalable. Il signe simplement le contrat qui lui est proposé. Sur le deuxième grief, les conseils rapportent, preuves à l’appui, l’ensemble des documents d’un millier de pages que notre rédaction a pu consulter, qui attestent des prestations fournies par Fisconsult qui est le cabinet de fiscalité dont EricHoungue est le directeur général. Sur le montant perçu de 600 millions Fcfa, le conseil explique que non seulement le cabinet Fisconsult n’a pas touché cette somme en une seule prestation, mais que cela découle du contrat paiement des honoraires signé entre le Cncb et Fisconsult qui en dehors des honoraires fixés à 4.750.000F par trimestre, mais il y avait aussi la clause que Fisconsult perçoive 12% des économies sur les impôts faits par le Cncb.

Sur le grief qui porte sur la non production des factures, les conseils expliquent que depuis la brigade économique et financière jusqu’au juge des Libertés et de la détention en passant par le juge d’instruction, la totalité des pièces requises a été fournie. Mais les conseils s’étonnent que malgré la production de toutes ces pièces à conviction, le juge des libertés et de la détention Madame Dassoundo-Gnacadja a jugé utile de placer le présumé mis en cause sous mandat de dépôt. Toute chose qui amène la défense à se demander si cette conduite du dossier obéit

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Affaire Atao Hinnouho : lamentations après la condamnation des mis en cause

(Détails sur la sentence à l’encontre des prévenus) Les mis en cause dans l’affaire de trafic de faux médicaments dans laquelle le député Mohamed Atao Hinnouho est impliqué, sont fixés.

C’était au détour d’une audience en flagrant délit tenue au tribunal de première instance de première classe de Cotonou, hier mardi 13 mars 2018. Il est requis à l’encontre des prévenus des peines d’emprisonnement pour certains et la relaxe pour d’autre. On note une consternation totale dans le rang des parents et proches des grossistes-répartiteurs à l’issue de la sentence du juge.

Mines serrées, visages crispés. Les parents des grossistes-répartiteurs n’ont pas contenu leur colère à l’issue de la sentence du juge au tribunal hier. Des proches et collaborateurs des grossistes-répartiteurs incriminés pour complicité et exercice illégal en pharmacie sont tombés des nues en apprenant le verdict du tribunal correctionnel. Chacun y va de son commentaire sur ce qu’il convient d’appeler une affaire à ramification politique. La sentence du juge tombe sur leur tête comme le couperet. Des femmes présentes dans la salle G du tribunal estiment que cela ne se passera pas ainsi. Nombreux sont ceux qui dénoncent un acharnement contre des individus sous prétexte qu’ils payent le prix de la convoitise que suscite leur secteur d’activité. Grincements de dents et lamentations essaiment la cour du tribunal pleine comme à craquer malgré les dispositions sécuritaires pour limiter l’accès à la salle d’audience.

De la sentence du tribunal contre les prévenus

L’audience a été uniquement consacrée à la sentence du tribunal collégial, composé de trois membres, prise à l’encontre des prévenus dans l’affaire dite de faux médicaments. En effet, les promoteurs des sociétés de distributions de produits pharmaceutiques sont situés sur leur sort après plusieurs semaines de privation de liberté. Les dirigeants de Ubi Pharma, Promo Pharma, Gapob, Ubi Pharm, Came, sont retournés en prison après l’audience. Le tribunal a requis quarante huit mois d’emprisonnement ferme, soit quatre ans contre Falilou Adéboh, Ghislain Eric Agonsanou, Sylvain Pierre Henri Grassin, Olufèmi Mondukpè Aladikpo et Cocou Ogountadé Affogbé, tous des grossistes répartiteurs. Ils sont aussi condamnés à payer chacun vingt millions d’amende ferme et au frais.

Selon le verdict prononcé par le juge Azo Rodolphe, les prévenus

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Sommet en Inde : Patrice Talon manque un rendez-vous important

Quelques jours après avoir reçu son homologue béninois, Emmanuel Macron s’est rendu à New Delhi en Inde pour le sommet de l’Alliance solaire internationale. Patrice Talon n’y était pas. Il est rentré le même jour sur Cotonou, en boycottant ce sommet qui pourrait intéresser un chef d’Etat dont le pays est en quête d’indépendance énergétique.

Reçu en audience à l’Elysée le 05 mars, c’est finalement le 10 mars qu’il est rentré au bercail, soit plus de cinq jours après son tête à tête avec son homologue français. L’agenda du président qui n’a pas été rendu public pendant cette période, lui a certainement permis de vaquer à des préoccupations personnelles.

En tout cas, il n’était pas à New Delhi en Inde, où plusieurs chefs d’Etat d’Afrique, d’Asie et d’Europe se sont réunis pour le Sommet de l’alliance solaire internationale. Le Bénin était représenté à un niveau plus bas, par une délégation du

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Concours au Bénin : Togbonon dans la peau de l’avocat du gouvernement

Le Procureur de la République Gilbert Ulrich Togbonon, a échangé avec la presse ce vendredi 09 mars 2018 au sujet des concours à polémique de l’année 2015 sous le régime Yayi. Bien qu’étant dans ses prérogatives, la manière par laquelle le procureur donne des explications sur les affaires amène à penser qu’il se rapproche du rôle d’avocat du gouvernement.

Le point de presse sur la procédure judiciaire entreprise par le procureur, n’a pris en compte que les dénonciations sur les cas de concours de 2015. Mieux, les mis en cause ne bénéficient presque plus de la présomption d’innocence comme le prévoit les dispositions constitutionnelles, puisque le procureur a tiré la conclusion avant leur jugement : « les enquêtes ont révélé des indices graves et concordants de nature à motiver leur inculpation pour abus de fonction, fraude dans les examens et concours publics, et corruption passive d’agent public national aggravé. Toutes des infractions prévues et punies par la loi n°2011-20 du 12 Octobre 2011, portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin », a-t-il affirmé.

C’est qu’en fait bien qu’étant dans ses droits, les points de presse du procureur ressemblent plus à des prononciations de verdict qu’à la présentation de l’avancée de l’enquête. Toute chose qui contraste avec

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Grogne sociale au Bénin: Le dossier brûlant qui attend Talon

Depuis le mois de janvier 2018, les travailleurs de certains secteurs importants du pays sont en mouvement de débrayage. Ils exigent du gouvernement la satisfaction d’un certain nombre de revendications, mais ce dernier refuse de céder et le bras de fer ne fait qu’envenimer la crise sociale. Le Président Talon dès son retour de Paris, aura fort à faire pour éviter d’entraîner tout le pays dans cette crise persistante.

En quittant Cotonou pour une visite officielle en France, le Président Patrice Talon a laissé le Bénin dans une situation délétère. Les travailleurs de plusieurs secteurs sont en cessation de travail. La santé, l’éducation et la justice sont en grève. Les patients des hôpitaux et des centres de santé n’arrivent plus à se faire soigner correctement, les écoles, universités publiques et tribunaux sont fermés. Les enfants sont livrés à eux-mêmes dans la rue, les parents sont soucieux de leur avenir…

Le chef de l’Etat en déplacement en France ne doit pas avoir le sommeil tranquille. Le pays qu’il dirige est en ébullition. D’ailleurs, aucun dirigeant au monde ne le pourrait. Le Président de la république a fait semblant de banaliser la tension sociale qui règne actuellement au Bénin, lors de son point de presse conjoint avec Le Président Emmanuel Macron à Paris. Mais dans son for intérieur, il sait que le dénouement ne dépend que de lui, car la fronde sociale est un épineux dont il est le seul à déterminer le dénouement.

Le dialogue de sourds fait perdurer la crise

La crise sociale qui prévaut actuellement au Bénin, en inquiète plus d’un au regard de sa durée, de son intensité et ses conséquences. Les deux parties n’arrivent pas à accorder leurs violons. Le débrayage a été déclenché par les travailleurs, suite au vote par le parlement de la loi portant le retrait du droit de grève. Etant donné le caractère sensible de la question, les députés pouvaient retirer cette loi pour calmer les mécontentements.

Les travailleurs dans l’attente d’une solution à leur première exigence, en ont profité pour ressusciter toutes les vielles revendications qui dormaient dans les tiroirs. Il a fallu la décision de la cour constitutionnelle invalidant cette loi pour rassurer les grévistes. Ainsi, les travailleurs des secteurs de la santé et de la justice avaient aussitôt mis fin à leur débrayage en demandant au gouvernement de veiller à la satisfaction des autres revendications dans les négociations. Mais grande a été la surprise des travailleurs de constater des défalcations sur leurs salaires du mois de février 2018. Ils ont perçu ce comportement du gouvernement comme un acte de provocation. Les agents de l’Etat mécontents ont donc

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Bénin : Comment Patrice Talon s’invite devant la justice

Par deux fois, le président de la République a fait le même aveu. C’était d’abord face aux membres de l’épiscopat qu’il recevait au Palais de la marina il y a de cela quelques semaines, puis lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron à l’Elysée. Patrice Talon y a reconnu sa part de responsabilité dans la mauvaise gestion des affaires publiques au Bénin depuis des décennies. Il a avoué publiquement avoir contribué à l’adoption de la mal gouvernance, et faire partie de la minorité qui en profité. Par ces aveux, le chef de l’Etat entend se compter parmi ceux qui doivent rendre gorge de leurs actes préjudiciables au mieux-être de tous.

Le Bénin est un petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest aux ressources limitées, et qui a connu de nombreux soubresauts sociopolitiques et économiques depuis son accession à la souveraineté internationale le 1er août 1960. L’instabilité du pays était toujours liée à la mal gouvernance, au choix des dirigeants et à l’option politique et idéologique du pays. Mais à la Conférence Nationale des Forces vives de février 1990, les béninois ont unanimement opté pour la démocratie et le libéralisme économique. Ils ont accepté de combattre toutes les pratiques malsaines pouvant entraver le bien-être de chacun et le développement harmonieux de tous les secteurs vitaux du pays. Depuis près de 30 ans, le Bénin n’a plus jamais connu de crise financière, économique ou de conflit meurtrier, pouvant empêcher son essor comme cela se remarque sous d’autres cieux. Le pays est ainsi un modèle de démocratie et de stabilité sociopolitique envié partout en Afrique et le monde.

Mais de manière générale, les Béninois ne sont pas fiers de l’état de développement économique de leur pays. Le Bénin n’enregistre pas de grandes réalisations socio économiques pouvant le propulser à l’échelle des nations phares du continent africain. Les secteurs de l’éducation, la santé, l’énergie, les transports, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la culture et les sports, se retrouvent dans un état de délabrement total. Les jérémiades des citoyens et les grèves des travailleurs du secteur public n’y ont rien changé. La prévarication, le pillage des ressources de l’Etat, la corruption, l’impunité etc., sont autant de cancers, instaurés en règle au sommet de l’Etat. C’est l’œuvre d’une minorité qui s’accapare toutes les richesses de l’Etat au détriment de la majorité pauvre. Ainsi, des individus sont devenus plus riches que l’Etat, et ils sont même prêts à narguer tout un peuple lorsque leurs contrats lugubres sont menacés.

Prendre au sérieux ces aveux du chefs de l’Etat

Lorsque le Président Patrice Talon faisait savoir récemment devant le clergé béninois qu’il a contribué à la déconfiture de son pays et qu’il en a assez profité, les Béninois prenaient ces propos comme une boutade. Mais, le chef de l’Etat a réitéré ces aveux à Paris lors du point de presse conjoint avec le président français Emmanuel Macron. Avouer à la face du monde des agissements malveillants contre son propre pays, dans le seul dessein d’engranger des avantages juteux, est un acte de bravoure inégalable. Surtout, lorsque l’auteur est un chef d’Etat en exercice. Mais c’est un acte qui pose un problème de crédibilité et choque la morale. Si le chef de l’Etat est sincère dans ses déclarations, il doit à présent se présenter devant les tribunaux pour expliquer à ses compatriotes comment il a contribué à la régression de son pays : le mode opératoire, les personnes mises à contribution, la nature des avantages et leur destination. C’est le moment pour la justice béninoise de se mettre en branle pour

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Affaire Zinsou – Ebomaf au Bénin: Gbadamassi en mission commandée

Le député Rachidi Gbadamassi a animé hier mardi 6 mars 2016, une conférence de presse à l’Hôtel Azalai de Cotonou. Il a été question de la supposée créance de l’ancien candidat des Fcbeà la présidentielle de 2016.

Face à la presse, le député de la 8e circonscription électorale soutient que le débiteur d’Ebomaf doit rembourser sa dette, et doit aussi être frappé avec ses complices de déchéance électorale pour avoir utilisé un montant supérieur à celui prévu par la loi pour la campagne présidentielle. En lisant entre les lignes ces propos du député, on s’aperçoit que la personne visée par cette sortie médiatique n’est autre que Boni Yayi.

Le député de la 8e circonscription électorale a expliqué à la presse que sa sortie médiatique portait sur la créance supposée de 15 milliards Fcfa, que Lionel Zinsou a contractée auprès de l’entreprise Ebomaf. Il fonde ses allégations sur l’article du périodique français « la Lettre du continent », qui dans sa parution du 21 février 2018, titrait : « Lionel Zinsou déstabilisé par une lourde créance ». Ce sont donc les faits rapportés par cet hebdomadaire spécialisé dans les informations confidentielles que Rachidi Gbadamassi a rappelés à l’assistance. Il est revenu sur les 15 milliards Fcfa de dette que l’ancien premier ministre aurait contractés auprès du président fondateur de l’entreprise Ebomaf, le Burkinabé, Mamadou Bonkougou. Il a établi que cette somme qui lui aurait été prêtée entre janvier et mars 2016, correspondant à la période de la campagne électorale de la présidentielle de 2016. Il aboutit donc à la conclusion que le bénéficiaire de ladite créance aurait utilisé ces fonds à des fins de campagne électorale.

Intrigues politiques

Dès lors, il invoque le code électoral notamment l’article 10, qui dispose que le budget de campagne électorale pour la présidentielle ne saurait excéder 2.5 milliards Fcfa. Pour Rachidi Gbadamassi, le budget de campagne de Lionel Zinsou aurait donc dépassé le montant fixé, et par conséquent la chambre des comptes de la Cour suprême devrait s’autosaisir et faire payer l’amende comprise entre 5 et 50 millions Fcfa à ce dernier, en plus d’une année de déchéance électorale. Il postule que Lionel Zinsou soit sanctionné autant que son complice qui l’a imposé comme candidat, ainsi que les partis politiques qui l’ont soutenu.

Il dit par ailleurs que tout doit être fait pour que le supposé débiteur d’Ebomaf paie ses créances. Pour se faire Rachidi Gbadamassi annonce entamer une tournée sous-régionale pour rencontrer les parlements de la sous-région, ainsi que les chefs d’Etat dans le but de les amener à plaider pour le paiement de cette créance. Seulement, même avec toute la volonté de prendre au sérieux ces allégations du député de la 8e circonscription électorale, quelques faits suscitent des interrogations.

Probable diffamation

C’est par exemple savoir à quel titre Rachidi Gbadamassi s’emploie à suivre cette affaire. Est-ce comme un mandaté d’Ebomaf ou comme actionnaire de cette structure ? Surtout que depuis la publication de cet article par le journal français, aucun officiel d’Ebomaf ne s’est

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A l’Elysée, les aveux de Talon sur la mauvaise gouvernance au Bénin

Talon a-t-il le « mal de l’Elysée » ? Chaque fois qu’il s’y rend, l’actuel chef de l’Etat Béninois sort du registre classique de la communication recommandé en ces occasions. Un mot de trop ou parfois une allusion maladroite discrédite ainsi son speech. Avec Hollande, on l’a vu humilier l’intelligentsia béninoise en parlant de « désert de compétence ». Hier, il a reconnu sa responsabilité dans la souffrance des Béninois.

Patrice Talon est depuis quelques jours dans une opération de rédemption. Sûrement perturbé par sa conscience, il n’hésite plus à dire publiquement sa responsabilité dans la situation critique du pays. Déjà face au clergé catholique, puis une seconde fois hier à l’Elysée en présence du président français Emmanuel Macron. Morceau choisi : « Vous savez à mon âge et pour le parcours qui a été le mien au Bénin, il ne serait pas sincère de dire que je n’ai pas une responsabilité dans la situation dans laquelle se trouve mon pays. Il faut le dire, la responsabilité est partagée par beaucoup de béninois dont moi-même. Et l’état dans lequel se trouve le pays (…) autant de choses qui ont profité à une minorité dont moi-même. Et, être dans mes fonctions actuelles, avoir cette opportunité de réparer et m’abstenir de le faire, ce serait louper l’occasion de rentrer dans l’histoire, ce serait louper l’occasion à la fin de votre vie de vous regarder dans le miroir et dire j’ai accompli ma mission sur terre, même si par moment on n’a pas été à la hauteur des attentes de nos concitoyens et que nos intérêts personnels ont pu peut être nous aveugler ».

De ces déclarations, il faut d’abord saluer l’effort d’honnêteté fait par le président de la république pour reconnaître et dire publiquement sa part de responsabilité dans la décadence actuelle du pays. C’est peut être une démangeaison morale, mais qui a toute sa portée puisqu’elle permet de situer les responsabilités des uns et des autres. Et comme il nous offre cette opportunité, pourquoi ne pas amener le chef de l’Etat à faire une confession plus approfondie pour en savoir davantage sur cette responsabilité qu’il n’a plus la pudeur de garder. Dans un pays sérieux, ces déclarations auraient été prises plus au sérieux. Un tribunal spécial pourrait être constitué pour l’écouter, afin qu’il dise tout ce qu’il a fait de mal au pays, afin qu’il dise à combien s’élèvent les actes de prévarication dont il a bénéficié, les auteurs et les circonstances. Le chef de l’Etat nous offre une occasion inouïe d’organiser notre conférence « vérité et réconciliation », en faisant confesser tous ceux qui, comme lui, ont une part de responsabilité dans le malheur qui frappe le grand nombre.

Confessions inachevées

Mais hélas, autant on doit se réjouir de cette volonté du président Talon de se confesser, autant on doit dénoncer sa duplicité de langage. Autant il dénonce l’inégalité, autant il en fait la promotion à travers le paiement d’émoluments colossaux à ses proches collaborateurs. L’exemple qui défraie la chronique est celui de

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Partis politiques au Bénin : Que reste-t-il de l’Union fait la Nation ?

Entre 2008 et 2011, elle avait faire rêver tout un peuple. En si peu de temps, elle réussit sous l’égide d’un certain Bruno Amoussou, à fédérer les partis et les hommes politiques, même les plus antagonistes, et à devenir une force politique incontournable. Mais l’échec à la présidentielle de mars 2011 fait dévoiler la fébrilité de cet ovni politique. Depuis, l’union se réduit comme peau de chagrin, et les contingences politiques actuelles tournent en sa défaveur.

Sauf cataclysme, l’Union fait la nation (Un) devrait aller en conseil national transitoire dans les jours à venir. Probablement le 10 mars prochain, souffle une source proche du parti. Ce congrès doit permettre à ce conglomérat de partis et de personnalités politiques, de se muer en une vraie union comme son nom l’indique, avec la dissolution des partis qui le composent. Cette fusion avait été choisie comme modèle de réforme pour amener l’union à se dynamiser et à rester conforme à l’air du temps.

Mais s’il arrive à tenir en dépit des réticences internes, ce congrès contribuera plus à l’enlisement qu’à la résurrection de l’union. Et pour cause, depuis l’échec de son candidat à la présidentielle de 2011, l’idéal de l’union n’émeut plus grand monde dans le gotha politique. Beaucoup de grands leaders en doutent, au point où juste après cette élection, les deux plus grosses cylindrées que sont le Prd et la Rb ont quitté la barque, laissant l’union dans la seule main des petits partis. C’est cela qui explique le nombre infime de députés obtenus aux législatives de 2015, avec douze députés contre les 30 obtenus en 2011. Soit une baisse de pourcentage de plus de 50%. Précision de taille : de 13 députés, plusieurs comme Candide Azannai, Claudine Prudencio et Joseph Djogbénou, ont juste emprunté le navire Un pour se retrouver à l’Assemblée nationale. Au total, tout bilan bien fait, l’Un originelle tournera autour de 8 ou 9 députés. Cette comparaison des deux législatives était importante pour montrer le niveau criant du recul connu par cette alliance en moins de quatre ans.

Plus fragilisée

Aujourd’hui plus que jamais, l’union est encore fragilisée. Elle ne pourra plus avoir la chance d’avoir

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Bénin : Le Bmp soutient Patrice Talon et annonce la fin de la récréation

C’est à la faveur de la conférence de presse que des députés membres du bloc de la majorité parlementaire, ont animée hier mardi 27 février 2018 à l’hôtel Azalaî de Cotonou que les députés du Bmp ont fait leur rentrée politique. Face aux professionnels des médias, le coordonnateur du Bmp Jean-Michel Abimbola et six autres de ces collègues, ont opiné sur quatre sujets d’actualité. Ils n’ont pas manqué d’annoncer la fin de la récréation, ainsi que le soutien indéfectible du Bmp aux actions du président Patrice Talon.

Le coordonnateur du Bmp, Jean-Michel Abimbola, a dans son propos liminaire expliqué la philosophie de gouvernance du président Patrice Talon qui se fondent sur des réformes qui bien que douloureuses à admettre, doivent produire à termes de la joie et le bien-être à tous les citoyens. Mais pour que cette transformation souhaitée de la qualité de vie, des comportements et du pays se produise, il faut de la part des populations, un minimum de sacrifices. Cette mise au point faite, les six autres collègues sur le présidium se sont prononcés sur quatre sujets d’actualités.

De la non-désignation des représentants du parlement au Cos-Lépi

Le député Gérard Gbénonchi a expliqué que la décision de la Cour qui faisait injonction au parlement de désigner ses 9 représentants au Cos-Lépi au plus tard le 21 décembre 2017 est arrivée au moment où le parlement était en pleine session budgétaire. Il relève toutefois que le président de l’Assemblée nationale a transmis cette décision à la commission des lois. Démontrant ainsi que si ces membres ne sont pas encore désignés jusqu’à lors, c’est parce que le président de l’Assemblée veut respecter le règlement intérieur du parlement. Il annonce que le parlement n’étant pas actuellement en session, ces représentants seront certainement désignés lors de la prochaine session d’avril 2018. Par ailleurs, Gérard Gbénonchi fait remarquer que selon la loi, c’est la liste de la Lépi de la dernière année avant les élections qui sera utilisée. Ce qui veut dire techniquement que c’est la liste du Cos qui sera installé en juillet 2018 qui servira pour les élections de 2019. Par conséquent, c’est faire des économies à l’Etat que de se passer de l’installation des Cos-Lépi intermédiaires. Le même Gbénonchi reconnaît en même temps que le parlement ne fait pas la promotion du non-respect des lois de la République.

Sur les demandes de la levée des immunités parlementaires

Orden Alladatin a rappelé qu’au cours d’un séminaire parlementaire qui s’est déroulé à Dassa en 2017, les députés avaient pris l’engagement à l’unanimité devant le garde des sceaux, d’apporter leur caution à la lutte contre la corruption. Promettant d’aller jusqu’à la levée de l’immunité parlementaire d’un des leurs si cela s’avère nécessaire. Alladatin affirme donc que c’est cet engagement qu’il faudra à l’occasion traduire en acte. Il a expliqué la faisabilité de cette procédure au plan juridique et évoquant les dispositions des articles 136 et 137 de la constitution et les articles 70 et 71 de la loi organique de l’Assemblée nationale et l’article 86 de la même loi pour ce qui est des anciens ministres. Pour Orden Alladatin, ces demandes de levée d’immunité et d’autorisation de poursuites ne constituent des actes d’acharnement plutôt le désir du gouvernement de lutter contre la corruption. Relevant au passage qu’un grand soutien au régime se trouve actuellement dans les mailles de la justice.

Du retrait du droit de grève et la reprise des mouvements de grève

L’honorable Louis Vlavlonou trouve que même si la grève peut être un moyen de revendication d’un droit, en abuser est un problème. Il a expliqué que ce sont les abus constatés dans l’expression du droit de grève qui a amené certains députés en collaboration avec le gouvernement à penser à une loi de retrait de ce droit de grève. Il a exprimé sa déception vis-à-vis des magistrats qu’il désigne comme des « sachants du droit », le fait d’avoir opté d’aller en grève juste après que ladite loi ait été votée au parlement. Il soutient que ces magistrats auraient attendu que

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Bénin : Après Ajavon, Léhady, Mètongnon, la traque continue…

Le gouvernement de la rupture déroule son plan, du moins sa stratégie de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics depuis quelques temps. Mais l’opinion perçoit beaucoup plus cette initiative comme un prétexte pour réduire à néant les opposants politiques les plus en vue. On assisterait donc à un déploiement de la politique de ruse et de la rage.

La lutte contre la corruption officiellement déclenchée au Bénin par le gouvernement Talon, passe pour un acharnement contre les concurrents politiques. Ce combat est avant tout noble, mais la manière dont il est mené, laisse le peuple perplexe. Elle suscite des interrogations et appelle à comprendre l’esprit qui guide cette opération dite « mains propres ». Tout part des audits, une étape préliminaire des enquêtes qui se termine bien souvent sans l’audition des futurs mis en cause. En effet, plusieurs personnes incriminées par des audits, se plaignent de n’avoir jamais été écoutées par les auditeurs. Et la persistance de ces différents audits visant la plupart du temps des hommes politiques membres de l’opposition, fait naitre des doutes. Des audits sélectifs et parcellaires, des actes qui ignorent le principe du contradictoire… sont tant de moyens dont les autorités abusent pour discréditer des leaders politiques qui ne partagent pas les idéaux de la rupture.

Ajavon, la risée de la rupture

Le président du patronat Sébastien Germain Ajavon, a pris ses distances d’avec le pouvoir suite à l’affaire de découverte de 18 kg de cocaïne, pour laquelle cet homme d’affaires béninois était à deux doigts d’aller en prison. Depuis cet événement, Sébastien Ajavon devra travailler à refaire son image. La rupture crée le branle-bas au sein des opposants avec des audits ciblés sur la gestion de certains leaders politiques, potentiels concurrents du régime de la rupture. Komi Koutché, Léhady Soglo font ainsi les frais de leur opposition au gouvernement de la rupture. Les deux derniers, chefs de partis, sont contraints à l’exile face à la persistance de la stratégie mise en place aux fins de les écrouer. On se souvient de l’arrestation manquée de

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Affaire Atao Hinnouho au Bénin : Comment l’Etat a failli

L’affaire dite de « faux médicaments » qui défraye la chronique depuis quelques jours avec la mise sous mandat de dépôt des responsables des sociétés grossistes, est loin de livrer tous ses secrets.

Selon une investigation conduite par notre rédaction, ces grossistes répartiteurs présentés comme des faussaires, sont au contraire les victimes d’un système pharmaceutique laxiste entretenu par l’Etat, à travers la Direction des pharmacies, des médicaments et des explorations diagnostiques (Dpmed), la douane et les autres corps de contrôle de l’Etat.

Dans une dernière conférence de presse, le procureur de la république s’est fait plus précis dans les charges retenues contre les grossistes répartiteurs qu’il a décidé de mettre sous mandat de dépôt depuis quelques jours. Il les poursuit pour violation de l’article 32 de la loi N°2007-21 du 16 Octobre 2007, portant protection du consommateur en république du Bénin. Cet article stipule :

« il est interdit à toute personne de falsifier des denrées servant à l’alimentation humaine ou animale, des substances médicamenteuses, des boissons et des produits agricoles naturels ou transformés destinés à la vente (…) d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente ou de vendre des substances médicamenteuses falsifiées, corrompues ou toxiques… ».

Le procureur raconte que ces grossistes répartiteurs ont consciemment acheté des médicaments auprès de plusieurs sociétés fictives appartenant à l’honorable Ataou Hinnouho, principal accusé dans cette affaire. Selon les recoupements faits, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi. Plusieurs sources proches des responsables de ces sociétés affirment qu’elles ne se sont jamais approvisionnées auprès de Atao Hinnouho, ni aucune de ses sociétés. « Vous ne trouverez nulle part dans documents, aucune facture au nom de l’une des sociétés de Atao. Mes factures sont au nom de New Cesamex qui exerce légalement au Bénin », précise un responsable de l’une des sociétés grossistes actuellement en cause. New Cesamex est une firme pharmaceutique basée en Inde et ayant une succursale à Kinshassa en République démocratique du Congo.

Cette firme a une autorisation de mise sur le marché (Amm), délivrée par le ministère de la santé pour 17 molécules sur les 4000 autorisées au Bénin. Atao Hinnouho n’est plus le représentant au Bénin, mais chose curieuse, le représentant indien de cette firme loge chez le député en cavale.

Les grossistes se sont à maintes reprises étonnés de la rapidité de cette société dans la livraison de produits, chaque fois qu’ils font des commandes. En vingt quatre ou quarante huit heures au plus, les commandes sont livrées. Ayant adopté la formule de livraison « franco domicilié » avec elle, New Cesamex devrait leur livrer dans leurs magasins les produits commandés.

Un Etat complice et responsable

La révélation de cette affaire montre à la face du monde l’incapacité et l’irresponsabilité du gouvernement dans sa prérogative constitutionnelle de protéger ses citoyens.

Comment donc Atao Hinnouho et Salimatou Karimou ont pu échapper à tous les corps de contrôle de l’Etat, pour

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Corruption au Bénin: Les têtes qui doivent tomber

Engagé dans une lutte encourageante contre la corruption, Patrice Talon n’a pourtant jusque là pas convaincu la majorité de ses compatriotes de la sincérité de son combat. Et pour cause, aussi bien le timing de la lutte que les cibles choisies laissent à désirer. Ils font croire que cette lutte, au lieu d’être une mission républicaine de salubrité, prend le visage d’une campagne de répression et d’intimidation des pourfendeurs de sa politique.

L’un des grands chantiers sur lequel les Béninois attendent leur président est celui de la lutte contre la corruption. Car, si beaucoup d’entres eux lui ont accordé leur suffrage en 2016, c’est en grande partie à cause de son discours de campagne sur la lutte impitoyable contre la corruption. Le 06 avril 2016, dans son discours d’investiture, Talon a déclaré solennellement que « la lutte contre la corruption est un combat de tous les jours ».

Mais une fois au pouvoir, sa détermination affichée pendant la campagne s’est progressivement émoussée. Ce qui était naguère une priorité a commencé à devenir le dernier des soucis. Le chef de l’Etat a mis le coude sur les nombreux rapports d’audits qu’il a commandités dans plusieurs sociétés et offices d’Etat, et dans certains ministères. Cette attitude est venue aggraver les premiers soupçons qui font dire à certains que le chef d’Etat a décidé de protéger les prévaricateurs, au lieu de les livrer à la justice. Il suffit de voir ses premières nominations pour s’en convaincre. Un prévaricateur condamné par la justice comme préfet du Littoral, et un ministre de la décentralisation à casseroles. D’autres attitudes peu rassurantes ont suivi. Il s’agit du retour en force des conflits d’intérêt et des marchés gré à gré au sommet de l’Etat. A l’Assemblée nationale, il s’est accoquiné avec des députés corrompus pour constituer sa majorité. Pendant près de deux ans, rien n’a bougé sur le terrain de la lutte contre la corruption. Puis, un jour au cours d’un Conseil des ministres, le gouvernement publie un extrait du rapport d’audit à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), et dénonce des placements illégaux de fonds de la caisse auprès de la Bibe, une banque alors en faillite. Il fallu attendre le 14 février dernier pour voir les premières actions de lutte contre la corruption… a travers la demande de levée d’immunité de six personnalités politiques impliquées dans divers dossiers de malversations financières.

Lutte-spectacle

En dépit de la communication organisée depuis quelques jours pour démontrer le caractère impartial et sincère de la lutte actuelle contre la corruption, bon nombre de Béninois ont du mal à y croire. Hormis l’arrestation

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Lutte contre la corruption au Bénin : Des rapports d’audits, dénoncés

L’opération de salubrité de l’administration publique connue encore sous l’appellation de lutte contre la corruption, prend du plomb dans l’aile. Non pas parce qu’elle ne va pas se poursuivre, mais parce qu’elle ne s’entoure pas à la pratique, des garanties nécessaires qui sont censées la créditer auprès de l’opinion. C’est le cas des dénonciations récurrentes des mis en cause dans des affaires portées devant la justice, que des rapports d’audits qui ont servi de base à ces poursuites judiciaires n’ont pas respecté le principe du contradictoire en écoutant aussi les présumés accusés.

Au moins deux cas concrets ont été portés à l’attention de l’opinion. A chaque fois, les mis en cause ont démontré sans être contredits que les résultats des rapports d’audit qui ont servi de levier pour les poursuivre en justice n’ont pas pris en compte leurs déclarations. Une exigence capitale en procédure judiciaire connue sous l’appellation du principe du contradictoire. Avant, c’était le cas de Laurent Mètongnon qui avait retenu l’attention. Celui-ci avait expliqué à travers une sortie médiatique que le rapport d’audit que le conseil des ministres avait attribué à l’Inspection générale des finances, Igf, avait été produit sans que lui qui figurait parmi les mis en cause n’aient été entendus par cette inspection. Il était même allé jusqu’à se demander si c’est réellement l’Igf qui avait produit ce rapport, expliquant qu’ayant été agent au ministère des finances pendant au moins trente ans, il sait que cette inspection ne peut pas produire de rapport sans écouter les mis en cause.Mais malgré cet écueil de grande importance, le gouvernement a quand même porté l’affaire devant la justice.

Des rapports d’audits douteux

Cette fois-ci, c’est le dossier des cadres du parti Fcbe qui sont en voie d’être poursuivis en justice sur la base d’un rapport d’audit rapporté par le conseil de ministres du 28 juin 2017. Ce rapport d’audit qui porte sur la gestion des campagnes cotonnières qui vont de 2013 à 2016, met en cause les anciens ministres sous Boni Yayi, Valentin Djènontin et Fatouma Amadou Djibril, ainsi que l’ancien directeur de la Sonapra, Idrissou Bako. Le porte-parole des Fcbe, Noureni Atchadé, au cours d’une conférence de presse que la nouvelle formation politique avant-tenu hier mardi 20 février 2018 à son siège à Cotonou, a expliqué que les mis en cause n’ont pas du tout été auditionnés dans le cadre

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Bénin : Les Fcbe dénoncent des actes de diversion et d’intimidation

Les dirigeants du parti Forces cauris pour un Bénin émergent ont organisé hier mardi 20 février 2018, une conférence de presse à leur siège au quartier Gbédjromèdé à Cotonou. Face aux professionnels des médias et des militants présents, les dirigeants des Fcbe ont expliqué en quoi ces poursuites judiciaires engagées constituent pour eux des actes d’intimidation et surtout de diversion de l’opinion.

Les membres du bureau politique du nouveau parti constituaient le présidium : le secrétaire exécutif, Valentin Djènontin, le 2è conseiller poolitique, Eugène Azatassou, les honorables Bako Idrissou, Justin Adjovi, GarbaLenga, Paul Hounpkè, l’ancien ministre Yarou et le porte paroleAtchadeNoureni. C’est d’ailleurs le porte-parole qui a lu la déclaration des Fcbe au sujet des poursuites engagées contre les cadres de leur parti. Les Fcbe considèrent ces poursuites comme des actes d’intimidation et de diversion: « l’éclatant succès de notre congrès a déclenché la panique et la colère des hommes forts du moment ».Noureni Atchadé a rappelé que sur les 6 personnes poursuivies, 5 sont des cadres des Fcbe, en plus d’Atao Mohamed, ils sont tous « des figures de l’opposition au pouvoir de la rupture ». Selon ses explications, c’est le garde des sceaux qui a transmis au parquet général, les demandes de levée d’immunité des honorables Valentin Djènontin et Idrissou Bako et de l’autorisation de poursuite de l’ancienne ministre Fatouma Amadou Djibril « sur la foi d’un supposé rapport d’audit dont les résultats ont été présentés lors du conseil des ministres 28 juin 2017».

Actes d’intimidation

Le porte-parole rappelle que les résultats dudit rapport « ont pourtant fait l’objet d’un recours devant la Cour constitutionnelle qui les a déclarés contraires à la constitution dans sa décision DCC-17-251 du 5 décembre 2017, en y relevant son caractère discriminatoire et le non-respect du principe du contradictoire ». Sur ce même dossier le porte-parole des Fcbe fait observer que : « sur une vingtaine de membres du comité interministériel seules les personnes en vue aujourd’hui, et engagées dans l’opposition, sont dans le collimateur des procédures de persécution ». Ce qui confirme davantage la thèse de l’intimidation et de l’acharnement, observe-t-il, c’est le fait que malgré la décision de la Cour constitutionnelle qui a déclaré ces rapports d’audits contraires à la constitution, le gouvernement est passéoutre cette décision et a tenu à poursuivre ce dossier devant la justice. C’est le même étonnement quant à la demande l’autorisation de poursuite de l’ancien ministre Komi Koutché. Les Fcbe trouvent surprenant que le gouvernement qui tient à tout prix à avoir la peau, de l’ancien ministre des finances, a trouvé un subterfuge en allant exhumer l’affaire de vol d’argent de compagne électorale qui a eu lieu à son domicile en février 2016, au point« de vouloir transformer le plaignant en coupable ». Aboubakar Yaya, quant à lui, doit d’être poursuivi pour

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Partis politiques au Bénin : Les conséquences et les non dits du financement public proposé

Le débat sur la réforme du système partisan a pris de l’ampleur ces derniers jours, avec la tenue du séminaire parlementaire. Si la création de l’agence nationale d’enregistrement et de suivi des partis politiques a suscité une désapprobation généralisée, le financement public des partis tel que proposé par la nouvelle charte est une véritable hydre. Car, en lieu et place de l’assainissement voulu, il offre une grande possibilité de perversion.

La réforme du système partisan agitée ces derniers jours comme une ingénieuse innovation du gouvernement de la rupture, se révèle de plus en plus comme un véritable pétard mouillé. Une petite comparaison avec la charte de 2002 jamais mise en application, montre bien que les innovations apportées ne concernent que la procédure d’enregistrement et de financement public des partis politiques. L’idée de faire enregistrer les partis politiques par une agence (l’Anesp), logée à la présidence de la république, est si saugrenue qu’elle n’a pas manqué de susciter des réactions, même des proches du régime.

Elle lève un coin de voile sur les vraies raisons de la réforme, qui au regard de ce qu’on voit, apparaît comme un instrument de caporalisation de la classe politique par la main mise sur deux ou trois grands partis politiques. Le vrai dessein politique caché sous cette réforme c’est la caporalisation la classe politique par la maîtrise de ces deux ou trois grands partis qui vont se dégager du lot pour bénéficier de financements publics. Pour faire simple, on veut utiliser le financement public des partis pour atteindre un objectif politique éminemment personnel. Lorsqu’on lit attentivement l’exposé des motifs de la proposition de loi de l’honorable Louis Vlavonou, on se rend compte que l’esprit de cette réforme a pour sous bassement le financement public. Sur les dix paragraphes de ces motifs, sept sont consacrés à la question de financement des partis. On voit clairement l’engouement de la classe politique pour ce financement public attendu comme une panacée pour régler les problèmes des partis politiques. Habilement et subrepticement, la majorité parlementaire a réussi à faire braquer tous les regards sur la création de l’agence d’enregistrement et de suivi des partis politiques, faisant oublier le grand débat sur le financement des partis politiques.

Une dangereuse sélection

Lorsqu’on lit les articles de la nouvelle charte, on se rend compte que le modèle de financement proposé ouvre la voie à une sélection dangereuse qui risque d’affecter la qualité du débat politique. En effet, l’article 45 de la nouvelle charte stipule

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Levée d’immunité au Bénin : Le 1er véritable test de fidélité du Bmp à Talon

La fin de la semaine écoulée a enregistré plusieurs événements. Le plus retentissant et qui a fait ‘’la une’’ de plusieurs journaux de la place, porte sur la demande de la levée d’immunité de trois députés en fonction et trois anciens ministres sous Boni Yayi.

Cette demande formulée par le gouvernement de la rupture à l’endroit du Président de l’Assemblée nationale, constitue un acte qui, en réalité, met à l’épreuve la fidélité des députés membres du Bmp et soutiens des actions du Chef de l’Etat au parlement.

Vont-ils livrer ou non leurs collègues à la justice. La question court sur toutes les lèvres depuis l’annonce ce mercredi 14 février 2018, de la demande de la levée de l’immunité que le gouvernement Talon a adressée à Me Adrien Houngbédji, Président de l’Assemblée nationale. Ladite demande concerne Valentin Agossou Djènontion, Atao Mohamed Hinnouho et Idrissou Bako, tous députés et membres de la minorité parlementaire, et trois anciens ministres sous Boni Yayi que sont : Komi Koutché, Garba Yaya et Fatouma Amadou Djibril. Les raisons de cette demande du gouvernement étant connues de tous, inutile d’y revenir. Il est plutôt nécessaire et important de jeter un regard sur l’attitude que vont adopter les députés membres du Bloc pour la majorité parlementaire (Bmp), députés qui soutiennent les actions du Président Talon à l’Assemblée nationale. Et trois raisons devraient militer en faveur d’un ‘’oui’’ de leur part.

L’évidence du vote favorable

La première, c’est l’appartenance politique des mis en cause (opposition formelle au régime). La deuxième raison est liée à l’effectif actuel du Bmp, estimé à 61 députés (après le décès de Janvier Donhouwahoué). Un effectif qui permet à talon de réunir la majorité absolue et même les 2/3 si nécessaire. La 3e raison trouve son fondement dans la déclaration de l’Honorable Louis Vlavonou sur une radio privée de la place, dans laquelle il rapporte la

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Mauvaise gouvernance à l’Ugr au Bénin : Le coordonnateur et des experts à couteaux tirés

(Le ministre Wadagni interpelé) L’Unité de gestion de la réforme des finances publiques (Ugr), traverse depuis plusieurs semaines une crise de gestion. 

En effet Le torchon brûle entre Alban Bessan le coordonnateur de l’Ugr, et certains experts qui dénoncent plusieurs irrégularités. Le 29 janvier dernier, ils ont donc exprimé leur ras-le-bol au cours d’une rencontre de concertation

Nommé il y a quelques mois coordonnateur de l’Unité de gestion de la réforme des finances publiques (Ugr), la gestion d’Alban Bessan est décriée voire contestée par une bonne frange des experts. En effet, le 29 janvier dernier, ceux-ci ont tenu une séance de concertation pour exprimer leur malaise par rapport à la qualité de la gouvernance en cours dans la structure. De cette rencontre dont le compte-rendu devrait être fait au Ministre, il ressort que les experts s’insurgent contre le pacte de corruption proposé par le coordonnateur, qui rechigne à produire le rapport moral et financier de la revue des finances publiques 2017, tenue en décembre 2017. La nature de certaines dépenses engagées et préalablement rejetées par le comité de direction et celui d’organisation, l’appel à une agence d’événementiel expressément proposée par le coordonnateur afin de valider des surfacturations impliquant la distribution de rétro commissions occultes et repoussées par les experts, sont autant de faits qui les inquiètent. En outre, la non tenue des séances hebdomadaires du Codir, l’absence de contrats d’objectifs et de performances pour le premier trimestre 2018, les propos dégradants tenus contre certaines personnes dont l’esclandre à l’occasion de la présentation des vœux du 2 janvier 2018, les usurpations de fonction au sein de l’Ugr pour ne citer que ceux-là, sont autant de faits qui mettent en cause la sérénité requise dans cette Unité dont l’importance n’est plus à démontrer pour la mise en œuvre des réformes des finances publiques.

Supension

Ayant compris que les experts ont découvert son jeu, le coordonnateur s’est dépêché de leur tirer une balle dans le pied en proposant au Ministre Romuald Wadagni que certains d’entre eux soient remerciés et remplacés. C’est ainsi qu’est intervenue la décision

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Bénin : Quand la lutte contre la corruption prend l’allure d’un chantage

Komi Koutché, Valentin Djènontin, Fatouma Amadou Djibril, Idrissou Bako, Garba Yaya et Atao Mohamed Hinnouho… Telles sont les six personnalités politiques que le gouvernement veut voir comparaître devant la justice. Au regard du caractère parfois insolite des charges et du fait qu’elles viennent toutes de l’opposition, on se demande si la lutte contre la corruption se s’est pas muée en un instrument de chantage.

Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Dans un courrier du garde des sceaux en date du mercredi 14 février, le ministre de la justice Joseph Djogbénou a saisi le président de l’Assemblée nationale pour demander la levée de l’immunité de Komi Koutché ancien ministre de l’économie et des finances, Valentin Djènontin ancien ministre de la justice, Fatouma Amadou Djibril ancienne ministre de l’agriculture.

Trois autres députés complètent la liste, à savoir Garba Yaya, Idrissou Bako et Atao Mohamed Hinnouho. Lorsqu’on observe bien cette liste de six personnes, on se rend compte que les cités sont tous de l’opposition. Mieux, ils sont

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Législatives 2019 au Bénin : Ces députés incertains d’être réélus

Les élections législatives de 2019 seront à l’image de celles de 2015 pour ce qui est de l’enjeu. Comme en 2015, la mouvance actuelle voudra conserver sa majorité confortable, alors qu’en face, l’opposition entendra renverser les rapports de force en disposant d’un nombre important d’élus. C’est donc l’heure de vérité qui s’approche pour les 83 députés de la 7è législature. Face désir des uns et des autres d’être réélus, se dressent deux facteurs déterminants :la question du bilan parlementaire.

La tenue du 2è congrès des Fcbe les 10 et 11 février derniers à Parakou, a déclenché le début de la campagne des législatives de 2019 à un an exactement de l’échéance. Ce lancement de la précampagne retentit dans les oreilles des députés de la 7è législature comme le cri du muezzin qui appelle les fidèles de Mohamed à se préparer pour la prière. Du coup et comme des mauvais élèves qui attendent le dernier moment pour commencer à préparer les examens, plusieurs députés ont l’air déboussolés. Un peu comme surpris par la rapide survenue de la période préélectorale. Pourtant, aucun député ne devrait surpris du fait que sur les 4 ans que durent le mandat, seules les 3 premières années sont réservées à l’action et à la visibilité des parlementaires tandis que la 4è année est consacrée à la précampagne.

Députés de formalité

Mais voici qu’une foule de députés ont passé 3 ans au parlement sans poser le moindre d’éclat ni à l’hémicycle encore moins dans leurs localités. Ils se sont illustrés comme des députés faire-valoir, connus pour leur goût pour le sommeil profond, lors des plénières. Ils n’ont jamais fait la moindre intervention, jamais posé une question. Ils sont généralement tirés du sommeil par des collègues pour des votes à main levée. C’est presque par mimétisme qu’ils lèvent la main en faveur du oui ou du non sur des questions dont ils n’ont pas suivi des débats. Ces députés ne savent pas ce

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Congrès des FCBE au Bénin : Yayi entre intrigues et devoir de vengeance

Le 2e congrès des Fcbe tenu les 10 et 11 février 2018 à Parakou, a permis à Boni Yayi de sauver un peu la face, de se mettre en vedette et de donner quelques coups à ses détracteurs. L’homme qui affirme être un simple « invité » aux assises, a été pourtant en coulisses le principal acteur et en a profité pour régler quelques comptes. Houngbédji, Talon, Gbadamassi… chacun a reçu sa petite dose de fiel.

Il n’a certainement pas fini de livrer à la face du monde tous les tours de son sac. Alors qu’on le croyait définitivement mort politiquement, Yayi renaît de ses cendres avec un Fcbe sur lequel il semble avoir une grande emprise. A voir la proximité des personnalités politiques avec lui, on a bien des raisons de croire et de dire que le vrai acteur de l’ombre est Boni Yayi. Fait président d’honneur, il utilisera ce nouveau titre à fond pour se remettre de son « chômage », et surtout régler des comptes avec quelques vieux adversaires politiques qui ont commencé à le narguer depuis l’avènement de Patrice Talon au pouvoir. Et contrairement à ce qu’on puisse penser, sa participation à ce congrès a été totale.

Si lors de la cérémonie d’ouverture du congrès, il a eu l’occasion de s’adresser aux populations du septentrion, il a aussi saisi l’occasion des travaux techniques pour parler aux cadres du parti. Pendant plus d’une heure d’horloge, Boni Yayi a exposé la vision qu’il a du nouveau parti. Un parti fort, aussi influent à N’dali qu’à Dangbo, enraciné à Boukoumbé et à Agbangnizoun. Lorsque ce parti deviendra un grand parti, Yayi rêve qu’en son sein puisse venir le président de l’Assemblée. Au cours de son adresse aux congressistes, il a donné l’exemple de plusieurs pays européens dont les parlements sont dirigés par des hommes politiques d’une autre obédience que le parti au pouvoir. Avec ce grand parti, il réglera des comptes.

La première personne qui en fera les frais sera probablement Rachidi Gbadamassi. En effet, le retour de Yayi devant la scène politique va engendrer une grosse

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Bénin : L’alliance FCBE renaît de ses cendres

Après près de deux ans d’hibernation, l’alliance Fcbe renaît de ses cendres. Son 2e congrès qui a pris fin hier à Parakou, a consacré la transformation de cette coalition en parti politique, avec comme secrétaire exécutif le truculent député Valentin Agossou Djènontin. Mais la vraie attraction de ce congrès, c’est Boni Yayi, leader charismatique du parti naissant qui réussit son come back, deux ans après son départ du pouvoir en Avril 2016.

Samedi 10 février 2018. Il y a vingt huit ans, s’ouvrait à Cotonou la conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990. Les souvenirs de cet évènement majeur de notre histoire politique sont peu vivaces dans les mémoires. Le temps a fait son œuvre et a réussi à nettoyer de la mémoire de beaucoup de Béninois cette date historique. Ici à la place Bio Guéra de Parakou, aucun message officiel n’a rappelé à la mémoire collective cette date. Tout le monde est préoccupé par les problèmes du moment. Les esprits étaient concentrés sur la réussite de ce congrès de refondation des Fcbe, par ailleurs la première sortie politique du président Boni Yayi, deux ans presque après son départ du pouvoir. A 10h, heure prévue pour le démarrage de ce congrès, ce n’était pas encore la grande mobilisation. Selon plusieurs témoignages, le pouvoir a mis en œuvre une batterie d’actions pour empêcher les populations d’assister à ce congrès : distribution de micro crédits aux femmes… Pourtant, les choses sont allées très vite. Les populations par vagues successives ont grossi la foule des militants, et sympathisants à ce congrès. Peu après 11h, le maître de cérémonie commence à annoncer l’arrivée du président Boni Yayi. Peu avant midi, un cortège s’immobilise à quelques mètres du podium central. Un homme descend d’un véhicule 4×4 Ford. Un parasol couvre sa tête contre de brulants rayons de soleil.

Le maître de cérémonie annonce le président Yayi. Lorsque le parasol s’approche on découvre que ce n’est pas Boni Yayi. Fausse alerte, c’est Alassane Djemba alias Gatéri qui faisait un petit numéro en attendant l’arrivée de son ancien mentor. A midi dix, la clameur des populations et les klaxons des zémidjans annoncent son arrivée. Il était exactement 12h17. Boni Yayi était effectivement là. Le véhicule, un Dodge flambant neuf de couleur noire envahi de poussière, s’immobilise à une bonne vingtaine de mètres de la tribune officielle. Impossible d’avancer.  Quelques policiers et gendarme s’agitent autour du véhicule. Les mouvements de la foule, les agitations des uns et des autres pour voir Boni Yayi, soulèvent un amas de poussière qui suffoque les badauds. A 12h30, face à l’incapacité d’ouvrir les portières du véhicule et de faire descendre son occupant, les rares forces de l’ordre sur les lieux dépassées par les évènements, donnent injonction au chauffeur de conduire le véhicule jusqu’à quelques mètres de la tribune. Ce mouvement entraine une grande bousculade et des heurts humains pas très gais. Une période vague de quelques minutes s’installe, le temps pour la sécurité de faire sortir Boni Yayi de son véhicule et de le faire installer sur la tribune officielle. Lorsqu’ils arrivent à trouver la bonne formule, c’est-à-dire faire une haie autour de sa personne et de son épouse pour les amener vers la tribune, c’est sans compter avec la détermination des populations presque déchaînées, décidées à toucher leur « papa » comme on entend les femmes le scander. La foule tangue, la poussière et la canicule montent et quelques faibles s’évanouissent devant des sapeurs pompiers un peu largués.

Regrets, pardon et carton rouge

Une fois que les forces de l’ordre et gardes du corps arrivent à l’amener à la tribune, Boni Yayi salue les populations des deux mains, vêtu d’un boubou de basin blanc. Les salutations finies, les bonnes choses débutent enfin. C’est l’honorable Amadou Issifou qui lance les hostilités, dans un discours qui vitriole presque le gouvernement. Après avoir critiqué les actions du gouvernement et lancé quelques pics à Rachidi Gbadamassi qu’il ne cite pas, l’honorable demande pardon à Boni Yayi pour n’avoir pas respecté sa consigne de vote lors de la dernière élection présidentielle. Il brandit à la fin un carton rouge à la gouvernance de Patrice Talon. A sa suite, l’honorable Réné Bagoudou aussi dénonce « l’horreur » du régime Talon, et brandit également un carton rouge à Talon. La vague des déclarations de partis amis commence par l’Upr de l’honorable Issa Salifou. Ce dernier bien que présent à Parakou, refuse de porter le message de son parti et responsabilise Jamila Sabi Mohamed de le faire, la foule insiste à voir Saley parler, ce dernier persiste et ne se ravise que sur instruction de

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Bénin - Canada : Une honteuse affaire qui pollue l’axe Cotonou - Ottawa

La diplomatie béninoise est encore dans de beaux draps. Alors qu’elle semblait se remettre de son dernier fiasco diplomatique de Paris l’année dernière, une sale affaire de harcèlement sexuel l’éclabousse. En cause, l’ambassadeur du Bénin au Canada Clément Noukpo Kiki, qui lui a préféré faire parler sa libido, plutôt que de s’occuper de diplomatie.

Une affaire de mœurs s’invite dans la diplomatie béninoise, et pollue l’axe Cotonou-Ottawa. Selon des sources concordantes, l’ambassadeur du Bénin à Ottawa, actuellement ex-ambassadeur Clément Noukpo Kiki, est persona non grata au Canada. Les autorités de ce pays auraient contraint les autorités béninoises à le rappeler au pays. Et pour cause, elles ont eu connaissance de la plainte d’une employée de cette ambassade, pour harcèlement sexuel.

Le Canada qui est réputé dans le monde pour apporter les meilleures protections aux femmes, a donc décidé de prendre cette affaire au sérieux. Non seulement il a classé Clément Noukpo Kiki « persona non grata », mais également exigé que l’indélicat ambassadeur soit poursuivi. Cette question de mœurs a dû se glisser dans les échanges entre la ministre canadienne du développement international et de la francophonie, Mme Marie Claude Bibeau (en visite cette semaine au Bénin), et

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Bénin : Le vrai faux dialogue de Patrice Talon avec les syndicalistes

Annoncée pour durer au plus 2h de temps, la rencontre entre le chef de l’Etat et les secrétaires généraux des centrales syndicales a avalé cinq longues heures. A la place du dialogue sincère qui devrait aboutir à des prises de décisions importantes pour la sortie de crise, on a eu droit à un cours magistral du président Talon, qui a cherché plus à convaincre qu’à régler et apaiser. La rupture n’a guère innové sur le plan du dialogue entre le président de la république et les acteurs sociaux. De Yayi à Talon, le format n’a pas trop changé même si le contenu parfois diffère.

Si Yayi promet plus et donne moins, Talon semble quant à lui être dans la posture de celui qui ne promet rien du tout. Il passe son temps à expliquer ses actions et à convaincre ses interlocuteurs qu’il a les meilleures idées. On annonce deux heures, mais on s’emballe pour cinq heures sans que les syndicalistes aient eu, comme on pouvait le penser, la chance d’avoir eu le temps de mieux s’exprimer, de dire avec force détails les choses qui les préoccupaient.

Cette rencontre annoncée et maintes fois reportée, devrait selon beaucoup d’observateurs aider les syndicalistes à trouver solutions aux problèmes actuels. Mais mardi dernier, les syndicalistes n’ont pas eu la chance d’avoir une oreille attentive qui les écoute et qui les aide concrètement. Le président Talon s’est montré

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Bénin : Nécessité de publier les salaires des ministres et du Président

La polémique sur les salaires exorbitants des ministres s’est invitée dans les échanges entre le président de la république et les responsables de centrales syndicales, mardi 06 février à la Marina. Bien qu’il ait nié l’existence d’un salaire de 16 millions pour ses ministres, Talon n’a hélas pas réussi à mettre fin à la polémique. Au contraire…

Une réponse frugale, expéditive, vague. C’est ainsi qu’on peut qualifier celle servie mardi dernier à la présidence de la république par le président Patrice Talon aux secrétaires généraux des centrales syndicales, qu’il a invités pour obtenir un dégel de la tension sociale. Répondant à la question d’un syndicaliste, Patrice Talon a affirmé qu’ « aucun ministre ne gagne 16 millions ». Cette réponse qui devrait mettre fin à la polémique sur les salaires exorbitants des ministres n’a semblé convaincre personne.

En tout cas, pas les interlocuteurs du Chef de l’Etat de cette soirée du mardi, au point où l’un d’eux -Noél Chadaré de la Cosi- invité hier soir sur Canal3, a relancé la même polémique en demandant au chef de l’Etat de publier les salaires des ministres. Selon lui, seule la publication pourrait rassurer les uns et les autres et donner raison au président. Elle donnera force à l’argument qui consiste à dire que l’augmentation des salaires des Dc et Sg des ministères, vise à rationnaliser les dépenses du gouvernement en ceci qu’elle a regroupé en une seule paye (primes et indemnités diverses incluses) les émoluments de ces cadres, et éviter les multiples emplois qui reviennent souvent plus chers au gouvernement.

Lorsqu’on publiera les salaires des ministres, on saura par exemple s’ils sont en dessous des cinq millions perçus par les préfets, et là on pourra bien chercher à comprendre comment on passe d’un salaire de 1,7 million des ministres de Yayi, au 5 millions avec les seules primes et indemnités diverses perçues par les ministres. Si le salaire actuel d’un ministre dépasse celui d’un préfet, ce qui paraît logique, comment expliquer là aussi une si grande différence avec uniquement l’ajout des primes et indemnités ? La publication des salaires des ministres devient dans ce cas un élément déterminant de l’analyse, et ne pas le faire expose le gouvernement aux mêmes critiques. Sauf si le gouvernement est dans une logique autre que de convaincre et de dire la vérité aux populations.

Quid de la liste civile du Président ?

Partout ailleurs dans le monde et surtout dans les pays sérieux, le salaire du président ou liste civile n’est nullement un secret d’Etat ou un « secret-défense ». Il est rendu public et tout citoyen lambda peut chercher à le connaître en s’adressant aux services compétents. Il suffit d’un petit clic sur le net pour voir les salaires des

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Désaccord entre deux anciens alliés politiques Talon - Azannaï : l’impossible réconciliation

En quête de reconquête de sa popularité en baisse, Patrice Talon a effectué ces jours ci deux descentes successives dans le plateau d’Abomey. Accueilli à chaque fois par les sages, dignitaires et têtes couronnées de la ville, ces derniers lui ont fait plusieurs propositions pour un quinquennat apaisé. Le chef de l’Etat les a toutes acceptées, sauf une : réconciliation avec son ancien ministre délégué à la défense Candide Azannaï.

Patrice Talon et Candide Azannaï, c’est désormais chien et chat. Si des voix s’élèvent pour demander la réconciliation de ces deux anciens amis et alliés politiques, la probabilité pour que ce vœu soit réalisé est faible. Selon des sources concordantes, le chef de l’Etat aurait réfuté toutes propositions allant dans ce sens. On se rappelle qu’il y a de cela quelques semaines, Patrice Talon s’était rendu en week-end à Abomey où il a rencontré le roi Agoli Agbo, les dignitaires du plateau d’Abomey, et a participé à la célébration de quelques rituels pour la paix et pour un quinquennat apaisé.

C’est au cours de l’une de ces cérémonies qu’on lui a proposé la réconciliation avec son ancien ministre de la défense. Sans barguigner, Patrice Talon a dit niet. Pour lui, pas question de se réconcilier avec Azannaï. Au contraire, ses propos ont laissé transparaître une volonté vindicative contre celui qui fut l’un de ses soutiens de taille à la dernière élection présidentielle. Les mêmes sources précisent qu’il se dit prêt à le combattre par tous les moyens, car il aurait également des dossiers contre Azannaï. Le 27 mars 2017, Candide Azannaï avait démissionné du gouvernement contre toute attente. Quelques jours après

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Perte de financement de la Bid au Bénin : Le gouvernement sanctionne les lampistes

La semaine dernière, La Nouvelle Tribune annonçait la perte d’un financement de la Banque islamique du développement (Bid) par le Bénin (lire ici). Hier, le gouvernement a décidé de limoger le Dg de la Caisse autonome d’amortissement, et quelques uns de ses collaborateurs.

La perte d’un financement de 30 millions de dollars de la Bid par le Bénin, emporte le Directeur de la Caisse autonome d’amortissement (Caa).

Selon des sources officieuses mais proches du gouvernement, on leur reproche d’avoir substitué une lettre cosignée par le ministre des finances et celui de la micro finance, pour la remplacer par une autre, en y introduisant des frais administratifs que la Banque avait refusés dans un courrier précédent.

Cette situation a amené la Bid à annuler ce financement accordé. Seulement, on se demande comment on a pu en arriver là, sans que les ministres concernés n’en soient au courant. Tout se passe comme si ces agents incriminés ont la possibilité et le pouvoir à eux seuls d’envoyer

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Affaire Ajavon au Bénin : Les arguments de la Dgi qui confirment le harcèlement fiscal

L’affaire de redressement fiscal aux sociétés de Sébastien Ajavon prend la forme d’une arme de déstabilisation économique et politique. Le 26 janvier 2018, l’administration fiscale a confirmé son dressement de 155,797 milliards de Fcfa, infligé à trois sociétés du magnat des produits agro alimentaires.

Pour en arriver là, l’administration fiscale a dû rejeter de manière sibylline les pièces justificatives envoyées par ces sociétés.

La presse locale a relayé la semaine dernière une information concernant la confirmation du redressement de 155,79 milliards contre les sociétés Comon Sa, Jlr et Sci l’Elite. L’information est partie d’un

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Bénin : Les conditions pour que Talon soit porté en triomphe à la fin de son mandat

L’aspiration du président Talon à être porté en triomphe à la fin de son mandat obéit  à des exigences sans lesquelles son souhait  risquerait de devenir un simple vœu pieux.

Y a-t-il vraiment quelqu’un qui souhaite l’échec du président Patrice Talon ? Sans recourir à un quelconque sondage,on répondra avec certitude par la négative. Puisque tout citoyen béninois consciencieux ne peut souhaiter l’échec du président en fonction. Parce que cet échec ne sera pas seulement l’échec de l’équipe gouvernementale actuelle, mais celui de tout le peuple béninois qui attend depuis le retour de la démocratie en 1990, une transformation qualitative de l’économie. Ce qui aura pour conséquence l’amélioration des conditions de vie des populations tant espérée et appelée de tous les vœux.

Patrice Talon ne peut pas oublier la ferveur avec laquelle le peuple lors du second tour de la présidentielle de 2016, a infligé un vote sanction au candidat de la continuité pour installer celui de la rupture. C’était sans conteste dans l’espoir que l’avènement d’un nouveau dirigeant apportera le bonheur, la liberté, la prospérité que tout le monde espère. La présidentielle de 2016, était l’une des rares échéances de conquête de pouvoir au cours de laquelle, acteurs politiques en grande majorité, y compris ceux du parti communiste, mouvements syndicaux se sont accordés à l’avènement au pouvoir d’un candidat dit de la rupture quel qu’il soit sauf celui présenté par le parti au pouvoir.

Faire le bon diagnostic

Tout cela prouve bien que le peuple qui a souhaité et œuvré pour l’avènement au pouvoir de Patrice Talon, ne peut pas en même temps se retourner contre lui. Il s’agit plutôt de comprendre que c’est le contrat politique tacitement établi entre le candidat élu et les populations qui l’ont porté aux affaires, qui n’a pas été respecté. Au lieu donc que d’ériger toutes les voix discordantes, tous ceux qui émettent des sons qui proclament la déception entre ce qui avait été promis et ce qui se fait, entre l’espoir suscité et le désenchantement constaté, en ennemi du pouvoir, il faut plutôt prêter une oreille attentive à leurs discours, à leurs cris, à toutes leurs formes d’expression de la mauvaise humeur, les mouvements de grève en faisant partie. Le chef de l’Etatdoit se rappeler qu’il a bénéficié d’une période d’état de grâce. Et que pendant cette période, ceux qui sont devenus aujourd’hui des critiques acerbes du régime, en étaient hier ses fervents défenseurs. Pour mémoire, à la sortie de la rencontre du chef de l’Etat avec les secrétaires généraux de 6 centrales syndicales en 2016, ces derniers avaient fait un point de presse au cours duquel, ils avaient tenu des propos aimables à l’endroit de Patrice Talon.Ils disaient à l’époque que le Bénin venait de trouver l’homme qu’il fallait pour le conduire à la prospérité. Mais si ces derniers ont changé de fusil d’épaule pour dire qu’ils se sont trompés, cela devrait interpeler le chef de l’Etat.

Le possible rattrapage

Patrice Talon peut encore se réconcilier avec le peuple et pour y arriver, la première chose consiste à abandonner la démarche actuelle qui consiste à faire de l’acharnement médiatique sur tous ceux qui trouvent à dire sur le régime. La seconde chose consistera à capitaliser toutes les critiques qui sont faites sur la gouvernance Talon. Au lieu de considérer ces critiques comme des « propos de méchanceté », il faut plutôt y rechercher la pertinence. Le chef de l’Etat ne doit pas négliger la

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Bénin : Une opposition muette, affaiblie, désorganisée et sans stratégie

Elle manque de visage, de cohésion et de stratégie. Depuis avril 2016 où Patrice Talon a pris le pouvoir, l’opposition est quasi absente, laissant le nouveau Chef réussir presque tous ses projets. En dehors de son projet de révision de la constitution et quelques autres désirs autocratiques stoppés par la Cour constitutionnelle, il a tout réussit, aux nez et à la barbe d’une hypothétique opposition qui refuse de lever la tête et de s’organiser, afin d’être l’alternative au régime de la rupture.

Durant tout le mois de Décembre 2017, il n’y a pas eu un seul week-end où l’on n’a pas annoncé de congrès des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Plus on s’approchait de la date fatidique, et plus elle était repoussée. De report en report, ce congrès n’a jamais eu lieu. Les Fcbe résiduelles s’organisent-elles en catimini pour tenir cette promesse ? Difficile de le confirmer. Ce visage d’une formation politique amorphe, désorganisée et sans stratégie présenté par les Fcbe, est celui de l’opposition béninoise toute entière.

Depuis le 06 avril 2018, on ne voit rien faire réellement face à Patrice Talon. Rien en dehors du groupe des députés de la minorité parlementaire contraints à l’opposition par Patrice Talon lui-même, après l’échec du projet de révision de la constitution, et du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) qui s’agite et organise quelques actions pour dénoncer les dérives de la gouvernance Talon. Or, le Fsp est loin d’un parti politique. C’est un ensemble d’acteurs de la société civile, de syndicats et de petits partis de gauche. En dehors donc de ces entités, on ne voit réellement rien s’organiser pour contrer la grande machine de la majorité présidentielle composée de tous les grands partis membres du Bloc de la majorité présidentielle (Bmp). La première faiblesse de cette opposition, c’est qu’elle manque de visage. Il est aujourd’hui difficile de désigner le leader politique qui agit ou s’organise pour être une alternative crédible au pouvoir de la rupture. Sébastien Ajavon vit presque en casanier depuis sa relaxe en octobre 2016 dans l’affaire des 18Kg de cocaïne pure.

De temps en temps, le pouvoir ne manque pas de sortir de nouvelles affaires pour mieux l’affaiblir et l’amener à négocier sa reddition politique. Candide Azannai est a été contraint à l’obligation de réserve pendant près de six mois après sa démission du gouvernement. Bien qu’un peu détesté et critiqué pour avoir démissionné, il reste un redoutable fighter politique qui manque de cadre pour vraiment éclore. Parti en études au pays de l’oncle Sam depuis qu’il a quitté le poste de ministre des finances, Komi Koutché se cache. On l’a vu une seule fois sous les feux de la rampe, donner une interview à la chaîne de télévision privée canal3. Quid de Boni Yayi ? De Léhady Soglo et autres. Boni Yayi travaille en sous marin et bien que ses actions ne soient pas visibles sur le terrain, il influence beaucoup de décisions et actions de la minorité, alors que Léhady Soglo, exilé de force, est toujours oisif sur le plan politique. Aucune entente n’est pour le moment envisagée entre eux, ces hommes étant distants les uns des autres à cause des histoires du passé.

Moyens, stratégies…

En dehors de ses difficultés d’organisation, l’opposition doit surmonter deux handicaps. Le premier est le manque de moyens. Actuellement, personne ne se dégage pour financer les actions de l’opposition. Cette situation limite beaucoup la détermination des rares hommes politiques qui ont décidé courageusement de faire face à Talon. Au temps de Yayi, c’est Patrice Talon et dans une moindre mesure Sébastien Ajavon qui

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Recrutements au Mef au Bénin : Des irrégularités qui accablent la rupture

Afin de doter l’administration publique béninoise de personnel qualifié, le Ministère du travail et de la fonction publique a organisé du 16 au 17 décembre dernier, un concours de recrutement au profit du Ministère de l’économie et des finances. Mais les irrégularités et fraudes constatées ont amenés les candidats à signer une pétition pour demander purement et simplement l’annulation dudit concours.

Les résultats du concours organisé au profit du Ministère de l’économie et des finances sont tombés. Au total, dix (10) candidats ont été retenus dans la catégorie des inspecteurs des finances agents non permanents de l’Etat, et quinze (15) autres dans la même catégorie mais avec le statut d’agents permanents de l’Etat, comme le stipule l’arrêté interministériel pris à cet effet. Publiés par la direction des examens et concours le 19 janvier 2018, ces résultats font déjà l’objet de contestations parce que des fraudes et irrégularités auraient été observées.

Selon l’arrêté interministériel signé des

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Annulation d'accords de prêts : Le Bénin perd 30 millions de dollars de la Bid

(Le gouvernement paie le prix de sa mal gouvernance) C’est une contre-performance rare dans l’histoire de la coopération internationale au Bénin. Le 08 janvier dernier, la Banque islamique de développement (Bid) basée à Djeddah, a écrit au Ministre du plan Abdoulaye Bio Tchané pour annuler deux prêts accordés au gouvernement. Dans cette lettre – dont la Nouvelle Tribune a obtenu copie –, rédigée dans un langage diplomatique, on perçoit en filigrane la déception de cette banque.

Depuis Avril 2016, le gouvernement Talon affiche quelques faiblesses dans la mobilisation des ressources extérieures. Sur plusieurs dossiers déjà, les choses ont traîné et ont parfois conduit les bailleurs à se montrer réticents, voire à se rétracter au dernier moment. C’est le cas par exemple de deux financements de la Banque. En effet, dans une correspondante du 08 janvier 2018 adressée au Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané et signée du Vice président chargé des programmes pays Dr. Mansur Muhtar, la Bid décide d’annuler les financements Ben-0084 du Projet au développement de l’enseignement supérieur au Bénin, et Ben-0081/0084 du Programme intégré d’appui à la microfinance, phase II, tous deux estimés à environ 30 millions de dollars.

La banque avance comme arguments pour justifier son acte « la situation générale du portefeuille » du Bénin. En un mot, le client « Bénin » ne

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Bénin : Rébellion annoncée contre les décisions de la Cour

Après une semaine de dénigrement et de sabotage de la Cour constitutionnelle dans la presse et les réseaux sociaux, des avocats du gouvernement prennent le relai. Ce week-end, ils ont occupé les plateaux de télévision. Leur nouveau refrain est d’annoncer la volonté du gouvernement de ne pas respecter les dernières décisions prises par la Cour.

Les dernières sorties médiatiques d’avocats proches du pouvoir, ont fini par nous dévoiler les auteurs de la campagne de sabotage contre la Cour constitutionnelle. Jusque là, les choses étaient restées sous anonymat. Les avocats Migan et Salami ne seraient pas venus défendre des thèses de désobéissance à la Cour, qu’on continuerait toujours à pérorer et à ignorer les vrais instigateurs. L’auteur de la campagne, c’est donc le gouvernement. Sur les plateaux de Golf Tv et canal3, Jacques Migan et Bastien Salami ont défendu les mêmes thèses. Après avoir relevé les incohérences des dernières décisions rendues au sujet du rétablissement du droit de grève à certaines corporations, ils affirment sans aucune gêne que le gouvernement ne respectera pas ces décisions. Diantre. Que des juristes soient amenés à prononcer publiquement des phrases sur la désobéissance à la plus grande institution juridique de leur Nation, apparaît presque comme une haute trahison. Et que disent-ils ? Leurs arguments ne tiennent qu’à un fil. Après avoir fini de démontrer qu’il y a des incohérences dans les décisions rendues par la Cour sur la même matière, après avoir attaqué ce « revirement jurisprudentiel », ils concluent que la démission du conseiller Simplice Dato en est la conséquence… Un argument qu’ils ont abondamment utilisé pour étayer leur thèse. Sans aucune précaution, ils affirment que l’intéressé était bien déçu par la prise de ces décisions et que c’est sa manière à lui de contester, de montrer qu’il s’est désolidarisé. Les deux avocats jouant le rôle de griot ont aussi

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Bénin : Après la réhabilitation du droit de grève, la bataille du Csm

Les magistrats n’en démordent pas visiblement, malgré la réhabilitation du droit de grève. Après les deux décisions rendues par la Cour constitutionnelle dont l’une interdit le retrait du droit de grève aux travailleurs et l’autre rétablit la grève aux magistrats, on pouvait s’attendre à une accalmie dans le secteur de la justice. Mais la motion de grève est toujours maintenue.

La grève se poursuit dans le secteur de la justice, les magistrats gardent toujours dent contre le gouvernement. Réunis au sein de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka et ses collègues continuent de manifester pour l’indépendance du secteur de la justice. Dans la motion de grève adressée au ministre de la justice garde des sceaux le 4 janvier 2018, pour annoncer une grève de cinq jours tacitement reconductible démarrée depuis le lundi 8 janvier, les magistrats ont exprimé un certain nombre de préoccupations. Entre autres, le retrait du droit de grève à certaines catégories de travailleurs par une disposition introduite dans la loi sur le statut des agents de l’Etat. Sur la même préoccupation, l’Unamab fustige toute manœuvre consistant à troquer le droit de grève, une liberté fondamentale, contre les avantages en nature ou en espèce à eux accordés, et s’oppose à la vassalisation du pouvoir judiciaire et de ses acteurs. La riposte venait ainsi d’être déclenchée avec vigueur, à la liquidation amorcée de la démocratie béninoise acquise de hautes luttes.

Dans cette atmosphère très tendue, faite de grève généralisée dans l’administration publique, la Cour constitutionnelle a tranché. Une première décision, la DCC 18-001 du 18 janvier et une seconde, la DCC 18-003 du 22 janvier 2018 qui se rapporte plus aux magistrats. La haute juridiction a également, comme dans sa première décision de l’année, signifié dans l’article 3 de sa décision que : « L’article 20 dernier alinéa in fine de la loi sous examen en ce qu’il dispose que « La grève est interdite aux magistrats », est contraire à la Constitution et séparable de l’ensemble de la loi ». Ces deux décisions ont apaisé la tension sociale pour la simple raison que le droit de grève est à nouveau conquis suite à la pression syndicale. Dès lors, on pouvait espérer la reprise des activités dans le secteur de la justice. Mais les magistrats maintiennent leur motion de grève.

L’invasion du politique au Csm, l’autre bataille

Selon les termes de Michel Adjaka et Freddy Yèhouénou, respectivement président et trésorier général de l’Unamab, l’invasion des politiques dans le Conseil supérieur de la magistrature (Csm) ne favorise pas

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Privatisation déguisée du port au Bénin : Comment Talon a réussi son « coup»

(Les travailleurs trompés, les emplois menacés) Longtemps cachée sous les vocables « mandataire » ou « délégataire », l’arrivée du Port of Antwerp international (Pai), a tout l’air d’une privatisation déguisée. La société belge devrait prendre en main la gestion du Port Autonome de Cotonou d’ici mai. Les travailleurs de la société ont découvert le pot aux roses au cours d’un Comité de direction (Codir), tenu le 22 janvier en présence des représentants du Pai.

La consternation est à son comble au Port de Cotonou, depuis le lundi 22 janvier 2018 où les travailleurs ont compris le sort qui leur sera réservé dans les jours à venir avec l’arrivée du Pai. Au cours d’un Codir tenu ce jour, quelques aspects du fameux contrat liant le gouvernement à la société de gestion du port d’Anvers en Belgique, et qui leur a été soigneusement caché jusqu’à ce jour, ont été dévoilés.

En somme, il leur a été révélé suite à la question d’un syndicaliste, qu’un contrat de trois ans renouvelables assorti d’une période d’observation de trois mois a été signé entre le gouvernement et Pai, pour l’audit et la gestion du port de Cotonou. Et qu’à l’issue de cette période d’observation, les deux parties peuvent décider de le rompre. Pai a été chargé de revoir l’organigramme et d’auditer ensuite la société. La société devrait en plus, imposer ses propres équipes et cadres détachés.

Selon ce contrat signé le 8 janvier, la société belge peut à tout moment

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Bénin : La Cour constitutionnelle réhabilite le droit de grève des magistrats

La décision a été rendue public le lundi 22 janvier 2018, sous le numéro DCC 18-003, du 22 janvier 2018. Par cette décision, la Cour s’est prononcée sur la saisine du Président de la République en date du 8 janvier 2018, portant sur le contrôle de constitutionnalité de la loi n°2018-01, portant statut de la magistrature en République du Bénin, et votée au parlement le 4 janvier 2018.

Les deux autres saisines de Akouègnon Dossou-Koko et D. Paul Assogba, ayant été déclarées irrecevables pour défaut de qualité, seul le recours du président de la République a été examiné. Après analyse, la Cour a décidé que l’article 20 de ladite loi qui interdit le droit de grève aux magistrats, est contraire à la constitution. Une décision qui rejoint

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Présidentielles 2021 au Bénin : Bio Tchané met la pression sur Talon

En hibernation politique au gouvernement depuis Avril 2016, Abdoulaye Bio Tchané, le ministre d’Etat chargé du plan n’a pas pour autant renoncé à son « rêve », de devenir président du Bénin. Au cours d’une cérémonie de présentation de vœux aux militants de l’alliance Abt ce week-end, son parti il l’a encore affirmé, relançant du coup le débat précoce sur la succession de Talon.

Une petite phrase qui a tout l’air banale mais riche en enseignements. Au cours de la cérémonie de présentation de vœux avec les militants de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt), Abdoulaye Bio Tchané dévoile son ambition politique. « Toutes les ambitions sont légitimes (…) moi-même, mon rêve est de diriger le Bénin un jour ».

C’est ce rêve qui l’a amené à être candidat aux élections présidentielles de 2011 et 2016, où il a été respectivement 3e et 4e, avec des scores qui avoisinent les 6%. Si cette déclaration paraît prématurée au regard de la période qui nous sépare de la présidentielle (plus de 3 ans), il est important de retenir qu’elle n’est pas anodine. Et pour cause, l’aventure présidentielle de Bio Tchané prendra fin en 2021. Cette année-là, il aura 69 ans et ne pourra donc plus, selon la constitution béninoise, aller à une autre élection.

Pour Bio Tchané, dire donc qu’on rêve d’être président un jour c’est en termes claires dire qu’on veut être président en 2021. Et ce message, bien qu’il soit dit devant les militants et cadres de son parti, semble bien être destiné à une seule personne. Il s’agit du président de la république Patrice Talon. Pendant la campagne et même le 06 avril 2016, jour de sa prise de pouvoir, il avait juré urbi et orbi de

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Parti Restaurer l’Espoir au Bénin: Les mises en garde de Candide Azannaï

Comme pour sacrifier à la tradition, les militants du parti Restaurer l’espoir et leur président Candide Azannaï, ont échangé leurs vœux ce dimanche 21 janvier 2018 au Majectic de Cadjèhoun. Occasion pour le président de se prononcer sur la situation du pays, de justifier les positions du parti face aux questions de la nation durant l’année 2017, et de faire des mises en garde.

Hymne national, animation des femmes militantes du parti vêtues de tenue traditionnelle de couleurs jaune et blanc. C’est bien dans une ambiance de fête que les militants du parti Restaurer l’Espoir (Re), ont présenté leurs vœux de nouvel an à leur président Candide Armand Azannaï. Que se soit les jeunes, les femmes, les cadres et même les sages du parti, tous ont multiplié des vœux de bonne santé et de protection au président Candide Azannaï  et sa famille. A l’unanimité, ils ont précisé que ces vœux interviennent à un moment où le Bénin traverse une crise sociopolitique sans pareil.

Paupérisation accrue

Calixte Garba venu de Kouandé et représentant des jeunes Re, a souligné que depuis le 6 avril 2016, les jeunes cherchent leurs repères en vain. Car, le régime dit du nouveau départ a anéanti l’espoir qui l’a accompagné au pouvoir. En lieu et place des emplois, la jeunesse assiste en silence aux licenciements massifs, à la liquidation des offices et sociétés d’Etat. Pour sa part, Caroline Azon a précisé que le régime de la rupture a ruiné les femmes avec des casses sauvages. De même, les mesures sociales sont en pannes. Selon le secrétaire général du parti et député à l’Assemblée nationale, Guy Mitokpè, cette cérémonie est une occasion de faire le bilan des actions menées et de repréciser les défis qui attendent le parti dans un contexte où le pays est gouverné avec beaucoup de doute et d’incertitudes. Et 2017 a été une année difficile et éprouvante pour les populations, car « au nom des réformes sans résultats, elles ont subi les assauts de destruction de la part de nos gouvernants, dans la pratique quotidienne de leurs activités ». Le député Guy Mitokpè a relevé que le parti est fier d’avoir été en 2017 à l’avant-garde de la dénonciation des actes anti développement, de corruption et du mépris du respect des principes de bonne gouvernance et de démocratie.

Défis à relever

Alors, pour Justin Ekpéli Kpézé le représentant des élus du parti, 2018 est pour les membres du parti un virage décisif. C’est déjà l’antichambre de tous les combats  futurs. Il ne reste qu’à travailler pour être résolument présent à tous les rendez-vous électoraux. Ensemble, les membres du parti vont peaufiner et définir les mécanismes de suivi et d’évaluation de toutes les actions du parti. Il a indiqué que les militants doivent travailler davantage pour immerger leurs tares et intrigues, afin de faire émerger éloquemment leurs actions pour un rayonnement véritable du parti sur l’échiquier national. L’ambition du parti restaurer l’espoir, c’est d’éveiller les consciences, c’est de rappeler aux hommes politiques de ce pays leur rôle dans la cité.

Combattre la gouvernance par la ruse, la hargne et la rage

« Notre pays est dans une mauvaise passe préjudiciable à la paix, à la cohésion nationale et au pacte républicain. », a laissé entendre le président du parti Candide Azannaï. Pour lui, en 2017 trois événements ont retenu l’attention à l’échelle du parti. Il y a sa démission du gouvernement intervenue le 27 mars, le 03 juin 2017 la tenue du 3e Congrès ordinaire, et le 07 octobre 2017, la tenue du Conseil national ordinaire annuel 2017. Revenant sur sa démission, il a estimé qu’elle exprime son profond désaccord avec le président de la République, désaccord né de son «refus de servir de caution à l’assassinat programmé de la démocratie, ô combien chèrement acquise, au pillage des secteurs prometteurs, au bâillonnement des libertés, à la ruine de l’Etat de droit, et à la désintégration de la cohésion nationale, à l’érosion des acquis du Renouveau démocratique ».

Alors, il a choisi de se mettre « à l’écart de l’arrogance de l’ingratitude, à l’écart des parades de l’orgueil pillard et glouton, qui chaque jour cible comme victime tout ce qui lui paraît rentable dans notre Pays, dans un déchaînement aveugle de brutalité contre les pauvres populations…». Pour lui, «le temps des détails viendra». Candide Azannaï estime qu’on ne peut pas combattre l’actuel régime comme celui défunt. Il faut donc changer de stratégie. Il a aussi informé qu’en sourdine, des réunions se tiennent pour

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L’agriculture béninoise amorce un nouvel essor

Deux nouveaux projets donneront les années à venir un coup d’accélérateur au processus de rayonnement de notre agriculture. Il s’agit du Projet d’appui à la diversification agricole (Pada), et du Projet de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao).

Vendredi 19 janvier 2018 à l’hôtel Azalai, le ministre de l’agriculture Gaston Dossouhoui a procédé au lancement de la deuxième phase desdits projets, qui sera exécutée par le Programme cadre d’appui à la diversification agricole (Procad).

Un pas de géant vient d’être posé dans la marche du Bénin pour devenir une puissance agricole. Au cours d’une cérémonie riche en couleurs et en sons (grâce à la troupe Supers Anges Houindonaboua), le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche Gaston Dossouhoui, a procédé au lancement des deuxièmes phases de ces deux projets dont l’impact sur notre agriculture ces dernières années à été important.

Il s’agit du Pada et du Ppaao, deux projets quinquennaux qui ont tous pris fin en 2017. En léthargie depuis Juin 2017, le Pada a bénéficié d’un financement de la Banque mondiale pour quatre ans, alors que le Ppaao terminé depuis mars 2017, a bénéficié d’un financement de l’Association internationale de développement (Ida), de 13,5 milliards pendant trois ans. Ayant pour objectif de contribuer à la restauration et à l’amélioration de la productivité aux champs, et à la valeur ajoutée post-récolte des chaînes de valeur riz, mais, ananas, anacarde et poisson, le Pada est un projet national. A son opposé, le Ppaao est un projet régional mis en œuvre dans le cadre de la politique de la Cedeao visant à atteindre à l’horizon 2030, le 2e objectif au titre des Objectifs de développement durable (Odd), à travers l’élimination de la faim, l’assurance de la sécurité alimentaire et l’amélioration de la nutrition. Il s’agit du développement, de la production, et de l’utilisation des technologies en vue d’améliorer la productivité agricole et la croissance économique, en réduisant la pauvreté chez les bénéficiaires ».

Présentant ce projet, le ministre Dossouhoui a mis l’accent sur cet

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Renvoi des abonnés de Glo à Moov Bénin : L’ARCEP favorise la concurrence déloyale

Dans un communiqué du mercredi 17 janvier 2018, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), réattribue unilatéralement à l’opérateur Moov les abonnés de Glo-Bénin (lire ici) qui n’a pu renouveler sa licence arrivée à expiration le 19 août dernier.

Avec une telle décision, l’ARCEP Autorité de régulation, foule volontairement au pied les principes de l’économie libérale, et contraint les abonnés à faire un choix forcé.

A la sortie de la conférence nationale, le Bénin a opté pour le libéralisme comme modèle économique. Ce dernier donne la possibilité à chaque client, à chaque usager, de faire librement le choix d’un produit, d’une entreprise et d’un service. Dans le domaine des Gsm, les abonnés sont libres de s’adresser à l’entreprise de leur choix pour bénéficier d’un service. Malheureusement, l’Arcep a fait fi de ce principe. En effet, lors de sa dernière décision l’Arcep a décidé de renvoyer tous les abonnés de Glo à Moov Bénin. En procédant ainsi, l’Arcep ne permet pas aux nombreux abonnés de Glo de choisir. Elle a

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Brouillage de Soleil FM au Bénin : Le pirate change de méthode

Les fréquences de la radio privée Soleil Fm ne sont pas totalement libérées. Après quelques jours de reprise de ses activités qui faisaient croire à la fin des anomalies, la radio Soleil FM subit de nouvelles perturbations. L’auteur du brouillage, un acte de restriction de la liberté d’expression, revient avec une nouvelle méthode. Pour combien de temps encore ?

Les auditeurs de la 106 fm, sont toujours sevrés de leur radio du fait d’un acte de piratage, persistant et inquiétant. Depuis trois semaines environs, le brouillage a pris une nouvelle allure. Alors qu’on pensait que l’indésirable de pirate avait abandonné sa forfaiture pour laisser libre cours à la liberté d’expression en effet, c’est actuellement un silence

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Présentation de vœux : Houngbédji, un talentueux griot au service du « roi Talon »

Fortement critiqué depuis quelques jours pour avoir interdit une déclaration de la minorité parlementaire, Adrien Houngbédji n’en finit plus d’étonner pour ses frasques et ses excès de louange à l’endroit du président Patrice Talon.

A 76 ans, l’homme qui avait toujours affiché, en bon avocat, circonspection et minimum d’objectivité, fait étalage d’un autre talent, celui de griot.

En baisse de popularité depuis le 22 décembre 2017 où il a interdit une déclaration de la minorité parlementaire, Adrien Houngbédji semble frappé d’une malédiction. A chaque sortie, à chaque déclaration, le président de l’Assemblée ne manque pas de confirmer les soupçons d’un président de l’Assemblée totalement au service du président Talon, qui plane sur lui. Ainsi, également hier dans son discours de présentation de vœux au président de la république, Adrien Houngbédji a exposé à la face du monde le visage du plus « docile » président de l’Assemblée nationale, qu’on n’ait jamais eu depuis 1990. La droiture de sa posture devant le chef de l’Etat fait penser à l’esclave devant son maître.

Il avait du mal à se détendre et être à l’aise. Et c’est dans le discours qu’il se livre davantage. On y méconnaît le président de l’Assemblée nationale, une institution dite de « contre pouvoir ». On voit plus un petit chantre, un griot talentueux en quête de séduction du souverain. Pour montrer que Talon est le meilleur, il s’en est violemment pris à la gouvernance Yayi, qu’il a accusé de tous

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Bénin : Le nouveau départ a-t-il rompu avec ces vices ou les a-t-il renforcés ?

L’avènement au pouvoir du régime de la rupture fondé sur le nouveau départ a suscité grand enthousiasme auprès des citoyens. Ils étaient nombreux les Béninois qui pensaient que les maux qui gangrènent l’administration tels : la corruption, le détournement des fonds publics, le favoritisme  et l’affairisme devraient être considérablement atténués.

Au constat, plutôt que de régresser, ces vices semblent au contraire se répandre davantage dans l’administration à travers des méthodes plus subtiles.

Le concept de rupture était entendu comme la mise sur pied d’un mode de gouvernement axésur l’éradication  des vices par le fait de rompre avec les mauvaises pratiques de la société en général et de l’administration en particulier. Après plus de 20 mois d’exercice du pouvoir, la déception des populations est à son comble et non sans justifications. Les citoyens approchés pour témoigner des cas de rupture observée dans la gouvernance du nouveau départ manquent d’inspiration. Ilsaffirment plutôt que  le gouvernement de la rupture n’a rompu avec aucune pratique décriée. Ils trouvent que ce régime  a plutôt accentué les vices préexistants. De nombreux exemples sont cités dans ce sens. Pour ce qui est de la corruption et de détournement de fonds publics par exemple, des observateurs font observer que le gouvernement actuel a hérité d’un pouvoir qui avait comme premiers dossiers brûlants, les cas de corruption et de détournement publics.

Dès la tenue de son premier Conseil des ministres, le gouvernement du nouveau départ a donné le ton en supprimant puis en annulant les concours à polémique. Des décisions qui ont été applaudies et qui ont suscité l’espoir auprès des populations. Mais ce satisfécit n’était de courte durée. Puisqu’en formant son gouvernement, les observateurs ont noté que certaines personnalités appelées dans ce gouvernement traînaient des casseroles. Les attentes sur l’ouverture des dossiers Ppea2, l’affaire Maria Gléta, l’affaire des villas Censad, Icc services et bien d’autres encore se sont estompées. Le gouvernement ayant opté de boucher les oreilles sur ces interpellations. A contrario, est né un juteux mécanisme de détournement des fonds publics à travers des

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Bénin : Talon en campagne à Porto-Novo

Le dimanche 07 janvier 2018, c’était l’épiphanie. Une fête chrétienne très prisée à Porto Novo. Le chef de l’Etat y était pour glaner quelques sympathies, et en dehors de sa présence très remarquée à l’église St François Xavier, il s’est discrètement entretenu avec quelques voisins de sa résidence du quartier Djrado, en banlieue nord de la ville. Au programme, sensibilisation et distribution de numéraire.

Mal en point dans l’opinion, Patrice Talon a voulu surfer sur la célébration de l’Epiphanie devenue une fête populaire de Porto-Novo depuis des années, pour séduire les populations de la capitale. A la grande surprise de tous, il fit irruption à l’église catholique St François Xavier de Porto-Novo, pour la messe du dimanche. Le petit écran a pu montrer cette eucharistie où l’on voit le chef de l’Etat écoutant tout ouï le père célébrant. Mais après l’office religieux, Patrice Talon était dans sa résidence de Djrado où il a pu faire sa ripaille.

Quelques invités triés sur le volet, du bon vin et de la bonne bouffe. Mais alors qu’il festoyait, Patrice Talon avait d’autres « invités » indésirables qui l’attendaient dehors. Et c’est au moment où il a voulu repartir sur Cotonou qu’il a constaté leur présence. Il s’agit d’une foule de badauds et de voisins ameutés par les bruits des voitures de luxe qui sont rentrés à l’intérieur de cette villa. Ayant constaté leur présence, il demande à ses valets de l’occasion de les faire entrer. La porte s’ouvre et laisse s’engloutir dans cette villa cette meute de petits gens. Dans la cour, ils voient le chef de l’Etat qui les prend pour quelques minutes d’échanges. « Les amis, comment va le pays ? », demande-t-il en goun. Tous répondent en chœur « ça ne va Monsieur le président, la misère est trop ». Le chef de l’Etat surpris par cette franchise leur explique qu’il en est

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Police républicaine au Bénin : Valentin Djènontin relève des insuffisances dans le texte de loi

54 voix pour, 22 contre et 0 abstention, c’est le résultat qui a entériné hier à l’Assemblée nationale,  le vote du projet de loi portant création de la police républicaine au Bénin. Au cours de l’examen de cette loi en présence du garde des sceaux, des insuffisances ont été relevées dans le texte de loi par certains députés de la minorité parlementaire, dont l’honorable Valentin Djènontin.

Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour de la séance plénière d’hier au parlement. Il s’agit d’une part de l’examen du projet de loi portant création de la Police Républicaine, et d’autre part l’examen du projet de loi portant statut spécial des personnels de la police républicaine. Le premier texte de loi a été examiné et adopté, tandis que l’examen du second n’a pu venir à terme. Le premier projet de loi sur la police républicaine, dispose au total de neuf (09) articles. Au cours de son examen hier à l’hémicycle, au moment où des députés de la majorité acclamait l’étude cette loi, certains de la minorité parlementaire ont décrié ce texte de loi en relevant plusieurs insuffisances.

C’est le cas du député Valentin Djènontin, qui a fait remarquer que le 21 décembre dernier, l’Assemblée nationale en complicité avec le Gouvernement a voté un budget illégal qui a consacré le détournement de plusieurs milliards au profit du Ministère de l’intérieur. Aussi, indique t-il que malgré que la Police Républicaine n’existe dans aucun texte législatif de la République du Bénin, il a été inscrit dans le projet de budget exercice 2018 dudit ministère, des crédits pour cette institution inexistante à ce jour, en lieu et place de la Police et de la Gendarmerie dont l’existence juridique et légale à ce jour sont encore de mise.

« La Cour constitutionnelle devrait déclarer contraire à la constitution, la loi de finance 2018 votée le 21 décembre 2017 par le Parlement », suggère t-il.

Deusio, le député Valentin Djènontin déclare que courant Novembre 2017, l’appel à candidature lancé pour le Certificat de perfectionnement inter forces (Cpif), a exclu les gendarmes. Le député Djènontin précise qu’il s’agit d’un test interne auquel les gendarmes et les autres militaires des forces armées prenaient part ensemble. Mais pour le compte de 2018, les gendarmes ont été purement et simplement exclus sous prétexte qu’il y aura la fusion des forces en 2018. Pour lui, c’est une violation claire du droit des gendarmes, pendant que les textes en vigueur leur en donnent le privilège, sous prétexte de fusion. Selon ses propos, le parlement est devenu une caisse de résonance du gouvernement Talon. Il sera appuyé dans sa logique par ses collègues Nouréni et Dossou Simplice. D’avis contraire, les députés Augustin Ahouanvoébla, André Okounlola, Abdoulaye Gounou, Edmond Zinsou et autres, ont soutenu le projet. L’étude du deuxième texte de loi, relatif au projet de loi portant statut spécial du personnel de la police républicaine, constitué de 179 articles, sera poursuivi le jeudi 28 décembre 2017, c’est-à-dire demain, au palais des gouverneurs.

Avis de l’honorable DJENONTIN AGOSSOU Valentin

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale et chers collègues, Avant mon intervention, j’ai une question préjudicielle.

Nous avons à examiner deux textes qui sont des projets de loi.

Conformément aux dispositions de l’article 105 alinéa 2 de la Constitution, l’avis motivé de la Cour Suprême est obligatoire.

Je voudrais m’assurer que le Gouvernement a obtenu l’avis motivé de la Cour Suprême et si oui, copie en soit donnée à la Représentation Nationale.

Monsieur le Président, Honorables Députés

Le Parlement béninois a choisi le lendemain de la célébration de la nativité pour examiner des projets de loi majeurs et déterminants pour le système sécuritaire de notre pays.

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Révocation de Lehady Soglo au Bénin : La Cour suprême saisie

Voici plus de six mois que l’ancien maire de Cotonou a été d’abord suspendu de ses fonctions par arrêté ministériel, puis révoqué par décret en Conseil des ministres.

Le mis en cause à travers son conseil, avait déposé deux recours en annulation des deux décisions ; l’un devant le ministre de la décentralisation  et de la gouvernance locale, et le second auprès du président de la république.

Ces deux recours ont connu des issues défavorables, raison pour laquelle le conseil de l’ancien maire de Cotonou, a saisi la cour suprême. C’est donc à cette institution qu’il revient de dire le droit sur ce différend, qui oppose le gouvernement à l’ancien magistrat municipal de la commune de Cotonou.

Selon des informations reçues de bonne source, le contentieux sur la révocation de l’ancien maire de Cotonou n’a pas été oublié par le gouvernement de la rupture. A ceux qui parlent d’affaire classée, des informateurs crédibles indiquent qu’il n’en n’est rien. Et ils tiennent également à démentir les informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux, annonçant l’élection d’un nouveau maire à la tête de la commune de Cotonou, pour le 5 décembre 2017.

Selon des sources concordantes, le conseil de l’ancien maire de Cotonou a saisi la Cour suprême sur deux motifs. Premièrement, sur la révocation du maire Léhady Soglo par le gouvernement  pour abus d’autorité, et puis sur l’opposition à l’élection d’un nouveau maire à la mairie de Cotonou. Le conseil de Léhady Soglo a été mis en demeure par la Cour suprême de

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Bénin : Tout ce qu'il faut savoir sur le report du dossier Mètongnon

L’audience des mis en cause dans l’affaire de placement hasardeux à la Banque internationale du Bénin (Bibe) qui défraye la chronique, est loin de connaître son épilogue. A l’audience d’hier mardi 19 décembre 2017, les accusés ont tous unanimement récusé le juge en charge du dossier. Au terme d’un débat houleux entre la défense et la partie civile, l’audience a été renvoyée au 30 janvier 2017.

Comme prévue, l’audience des mis en cause dans l’affaire Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), s’est ouverte hier mardi 19 décembre 2017. Mais contre toute attente, l’audience de flagrant délit selon les propos du procureur de la République Gilbert Ulrich Togbonon, au cours d’une conférence de presse pour présenter les dossiers dont sa juridiction a été saisie, a été renvoyée au 30 janvier 2018. En effet, à l’ouverture de l’audience, le juge Rodolphe Azo a procédé à l’appel des inculpés dans l’affaire de placement hasardeux d’argent de la Cnss à la Bibe. L’appel suivi de la présentation des chefs d’accusation devrait lancer l’audition de Laurent Mètongnon et ses co-accusés. Mais la surprise a été générale lorsque ces derniers ont unanimement récusé le juge. Respectivement, Moussa  Mora, Laurent Mètongnon, Célestin Ahonon, Saliou Youssao Aboudou, Edouard Adégoké et Allassane Kémoko Moussa, ont rappelé au juge qu’il devra se déporter du dossier conformément à la requête à lui adressée le 27 novembre 2017. Visiblement, aucun détenu ne s‘est prêté à l’interrogatoire du juge. « Voulez-vous répondre à nos questions ? », a lancé le juge Rodolphe Azo, très serein dans une salle d’audience de trois rangées dont celle de l’aile gauche a été réservée aux détenus, et celle du milieu, vide, a été interdite au public afin d’éviter tout contact avec les détenus. Par contre, la dernière rangée était remplie de monde : curieux, parents, amis… Les forces de sécurité faisaient un aller et retour à travers les allées de la salle. « Non » ont répondu, tour à tour, tous les accusés. Même le Chef d’Agence de la Bibe Jéricho à la barre, a affirmé ne pas reconnaitre les faits présentés par le juge Azo. L’audience a été suspendue pour une minute.

Diatéma Dramane à la barre, récusation du juge

Il a été demandé à l’actuel directeur général de la Cnss, Dramane Diatéma, d’expliquer la procédure des placements de Dépôt à terme à la Cnss. « Tout part de l’étude de dossier avec l’instruction du conseil d’administration et des observations de la direction générale », a-t-il indiqué, expliquant par la suite que le Dat à la Cnss n’implique pas de rétro commission, mais qu’il génère des intérêts qui sont versés à la caisse. Le Dg Diatéma n’a pas connaissance d’une quelconque rétro commission versée aux membres du Conseil d’administration avant sa prise de fonction, et il l’a mainte fois répété. Il a indiqué qu’un placement de seize milliards a été fait sous le

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Non lieu prononcé dans le dossier Ppea 2 : L’histoire rattrape le juge Azo

Un procès dans un autre. Alors qu’on attend de pied ferme celui de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés dans l’affaire de perception de commissions dites occultes à la Caisse nationale de sécurité sociale(Cnss), c’est celui du juge en charge du dossier qui se déroule actuellement. Le parcours et les actes posés par ce dernier dans le passé ne rassurent guère, ni les accusés, ni leurs soutiens.

Dans sa parution d’hier, La Nouvelle Tribune rendait compte des actes posés par les six accusés dans ce dossier Cnss. Ils ont écrit au juge Rodolphe Azo pour lui demander de se déporter. Leur action a été renforcée par celle de leurs avocats, qui ont eux écrit au Président du tribunal pour lui demander de récuser ce juge. Ils ont insisté sur la proximité de ce juge avec le pouvoir. Des sources crédibles proches du tribunal de Cotonou, confirment les accointances de ce juge avec un avocat personnel du président Patrice Talon.

C’est donc à juste titre que ces détenus demandent au juge de se retirer pour permettre à ce procès de se tenir dans la plus grande équité, comme l’exige le Code de procédure pénal en vigueur, la constitution du 11 décembre 1990 ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Dans un état de droit, c’est très inquiétant que des justiciables doutent de l’impartialité de la justice. C’est encore plus dangereux que des détenus, soient-il politiques ou non, identifient des juges en charge de leurs dossiers comme étant en accointance avec le gouvernement pour

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Affaire Cnss - Mètongnon : Le juge Rodolphe Azo indésirable

(Les prévenus estiment qu’il est trop proche du pouvoir – lire la lettre ci-dessous) Prévue pour s’ouvrir demain mardi 19 décembre 2017, l’audience en flagrant délit dans l’affaire de perception de commissions dites occultes à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), pourrait de ne pas se tenir.

Et pour cause, le juge Rodolphe Azo à qui ce dossier est affecté ne rassure ni les accusés, ni leurs avocats sur son impartialité. Ces derniers ont écrit au Président du Tribunal de première instance de Cotonou, pour le récuser après la lettre de leurs clients lui demandant de se déporter.

L’affaire Cnss dans laquelle le syndicaliste Laurent Mètongnon et consorts sont accusés d’avoir reçu des commissions occultes, ès qualité de président et membres du Conseil d’administration de ladite société, risque d’être un peu perturbé dans son déroulement. Selon nos sources, les six co-accusés que sont Jérémie Mora, Laurent Mètongnon, Moussa Kemoko Allassane, Célestin Ahonon, Saliou Aboudou Youssao et Edouard Adégokè, ont écrit au Président de la 1ère Chambre des flagrants délits du tribunal de première instance de Cotonou, le juge Rodolphe Azo, pour lui demander se déporter dans cette affaire, une sorte d’abdication volontaire pour le juge. Dans cette lettre en date du 27 novembre 2017 dont La Nouvelle Tribune a obtenu copie (lire ci-dessous), ils estiment ne pas être rassurés de l’impartialité de ce juge, qui selon les informations reçues, serait très proche du pouvoir. « Nous venons respectueusement vous prier de vous

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Police républicaine : Le gouvernement opte encore pour le piétinement de la constitution

Privilégiant les passages en force et la violation des procédures dans ses actes, le gouvernement pourrait voir une fois encore la Cour constitutionnelle lui taper sur les doigts.

Dans la procédure de vote par l’Assemblée nationale du Projet de loi portant statut spécial des personnels de la police républicaine, le gouvernement a sauté l’étape importante de la Cour suprême dont l’avis motivé est nécessaire pour un tel projet de loi.

Lors de sa séance du Conseil des ministres en date du 18 octobre 2017, le gouvernement a pris le décret N° 2017-502 du 24 Octobre, portant transmission à l’Assemblée nationale du projet de loi portant statut spécial des personnels de la police républicaine. Celle-ci devrait désormais régir les corps de la police et de la gendarmerie, appelés à fusionner pour devenir un seul corps qui s’appellera « police républicaine ». Selon les projections du gouvernement, ce nouveau corps paramilitaire devrait naître en janvier  2018, afin de conjuguer les efforts des deux corps pour mieux sécuriser le pays et rationnaliser les dépenses de l’Etat dans ce domaine. Seulement voilà, la charpente juridique de ce futur corps, telle que bâtie par le gouvernement, risque d’être démolie par la Cour constitutionnelle.

En effet, selon l’alinéa 2 de l’article 105 de la constitution du 11 décembre 1990, « les projets de loi sont délibérés en Conseil des ministres, après avis motivé de la Cour suprême saisie, conformément à l’article 132 de la présente constitution, et déposés sur le bureau de l’Assemblée nationale ». Ceci dit, les projets de loi émanant du Chef de l’Etat doivent recevoir l’avis motivé de

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Bénin : Une preuve de plus que certaines personnalités sont au dessus des ministres

Tout est parti de l’arrêté du ministre des Infrastructures et des Transports, portant création d’un comité chargé de conclure le processus de négociation avec la société « Port of Antwerp international SA », en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du port autonome de Cotonou.

Un arrêté signé le 12 décembre 2017 par le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koti. La lecture de l’article 2 de cet arrêté révèle que le conseiller spécial du président de la République, est nommé par le ministre lui-même, président dudit comité composé de 4 membres parmi lesquels 2 ministres.

Le comité constitué par le ministre des Infrastructures et des Transports est composé : du président du comité, du conseiller spécial du président de la République, du rapporteur, du secrétaire général du ministère des Infrastructures et des Transports, et des membres (le ministre des Infrastructures et des Transports ou son représentant, le ministre de l’Economie et des Finances ou son représentant, le conseiller technique juridique du ministre des Infrastructures et des Transports, et la directrice générale du Port autonome de Cotonou). Impensable que le ministre Koty ait signé en toute lucidité un arrêté pour la mise sur pieds d’un comité dont lui-même et son collègue des finances sont membres, alors que le conseiller spécial du président de la République, Johannes Dagnon, en est le président.

Difficile de comprendre la logique qui a dicté cet arrêté du ministre des Infrastructures et des Transports. Selon les règles de hiérarchie administrative, le conseiller spécial du chef de l’Etat n’est pas ministre. Il peut dans certains cas avoir rang de ministre, ponctuellement. Par conséquent, ce conseiller ne saurait présider un comité dont les ministres sont des simples membres. C’est pour résoudre ce problème que le président de la République a pris le soin, au cours de la formation de son deuxième gouvernement, de signer un décret de nomination du secrétaire général de la présidence de la République, qui précise qu’il est par ailleurs ministre d’Etat. Nous faisons donc face à une preuve de plus qui confirme les allégations de l’opinion, affirmant que certaines personnalités de l’Etat sont au dessus des ministres. C’est aussi la preuve que les actes et décisions des ministres leur sont dictés depuis le palais de la Marina.

Gré à gré…

Mais pour en venir au texte lui-même, s’agit-il de nouveau d’un autre marché de gré à gré ? Par ailleurs, aucun article de l’arrêté du ministre ne prévoit de rendre compte aux citoyens après le Conseil des ministres, du contenu de

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Bénin : La désignation du port d’Anvers comme délégataire du port est maintenant consommée

Agité au sein de l’opinion avec grand bruit, le choix d’un délégataire pour la gestion du Port Autonome de Cotonou (Pac) se précise.

A travers un arrêté ministériel en date du 12 décembre 2017, le ministre des Infrastructures et des transports a créé le comité devant négocier avec ce dernier. Cet acte intervient dans un contexte de contestation et de mécontentement des travailleurs.

L’acte qui consacre la gestion déléguée du Port Autonome de Cotonou se précise. En effet, l’arrêté n°2017-048/MIT /DC/SGM /CTJ/SA/ 056SGG17 portant création du comité chargé de conduire les négociations avec la Société « Port of Antwerp international Sa » (PAI), en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du Port Autonome de Cotonou, signé par le ministre des Infrastructures et des transports Cyr Koty, en date du 12 décembre 2017, définit la mission assignée au comité.

L’article 3 dudit arrêté stipule : « Le comité a pour mission de mener les négociations avec la société « Port of Antwerp international Sa », filiale du Port d’Anvers, en vue d’aboutir à la conclusion d’un mandat de gestion du port de Cotonou. Le comité est chargé de discuter et de fixer, ensemble avec la société Port of Antwerp international Sa, les termes et les conditions du mandat de gestion devant lier ce dernier à la partie béninoise, rendre compte des résultats des négociations en conseil des ministres, accomplir toutes autres formalités visant l’atteinte des objectifs de cette mission.

Le comité ainsi créé est présidé par le conseiller spécial du président de la République, Johannes Dagnon. Le rapporteur est le secrétaire général du ministère des Infrastructures et des transports, personne responsable des marchés publics. Il a pour membres le ministre des Infrastructures et des transports ou son représentant, le ministre de l’Economie et des finances ou son représentant, le conseiller technique juridique du ministre des Infrastructures et des transports, la directrice générale du Port autonome de Cotonou.

Un comité sans les travailleurs

C’est une surprise désagréable de constater que dans un contexte de réforme visant à déléguer la gestion du Port Autonome de Cotonou à un privé, aucun syndicat de la plateforme portuaire n’est représenté. On se rappelle que les travailleurs du port avaient contesté toute idée de gestion déléguée du Pac, et qu’ils avaient

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Affaire Mètongnon au Bénin: La défense dénonce la sortie médiatique du procureur

En réaction à la sortie médiatique du procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Cotonou, le 4 décembre 2017, le collectif des avocats de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés a tenu à faire un point de presse pour dénoncer le fait. Le collectif a aussi relevé des omissions volontaires du procureur dans sa déclaration à la presse. C’était hier mardi 12 décembre 2017, à la Bourse du travail de Cotonou.

Me Aboubacar Baparapé qui servait de modérateur, a expliqué aux professionnels des médias que le point de presse que le collectif des avocats tenait ainsi, est un droit de réponse face aux propos du procureur. Il trouve qu’au cours de sa sortie, le procureur de la République a semblé préparer l’opinion à accepter une éventuelle condamnation de Mètongnon et des ses co-accusés, en faisant économie de vérité et en ne relatant que des aspects du dossier qui sont de nature à démontrer la culpabilité des mis en causes. Il estime par ailleurs que cette sortie du procureur avait comme but inavoué de livrer les mis en cause à la vindicte populaire.

Me Arnaud Vignilé Agbodjo qui a lu la déclaration au nom du collectif des avocats, est parti des déclarations du procureur de la République. Mais avant, il a fait remarquer que selon l’article 12 du code de procédure pénale : « toute personne qui concourt à une procédure, est tenue par le secret professionnel ». Estimant donc que sur ce point le procureur ne devrait pas faire ces déclarations. Le collectif trouve qu’en dehors du désir de conditionner l’opinion sur ce dossier, il y avait chez le procureur l’objectif d’accomplir une mission de lynchage médiatique. Lequel lynchage a été poursuivi à travers

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Bénin : Le gouvernement dans la logique de l’« Etat spectacle »

Le concept d’« Etat spectacle » est repris du titre du beau livre du socio-politiste allemand Schwarzenberg, « l’Etat spectacle ». Dans cet ouvrage, l’auteur décrit la situation des Etats qui instaurent une forme de communication à outrance de leurs actions, dans le but de dissimuler leurs nombreuses tares.

C’est aussi la caractéristique des gouvernements qui sombrent dans la tyrannie, l’autoritarisme et le dirigisme. Un modèle de gouvernement qui s’installe peu à peu dans le pays, selon les constats de certaines organisations politiques à l’instar du Fsp.

Opération de lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, pour l’assainissement des finances publiques. C’est sous ce couvert que le gouvernement de la rupture a habitué les béninois depuis près de deux mois, à assister physiquement ou par voie de médias à des arrestations de personnalités ou à des perquisitions spectaculaires. C’est la police qui est commise pour exécuter ladite tâche dans le cadre de ses enquêtes. On n’y aurait rien trouvé à redire si ces actions se passaient en toute discrétion. Mais on est plutôt étonné de l’arsenal de véhicules et d’éléments de la police déployés. Que ce soit pour des interpellations ou des perquisitions, le dispositif sécuritaire semble ostentatoire.

C’est ce qui a fait dire aux cadres du Front pour le sursaut patriotique que ces opérations, même lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des enquêtes de police, recèlent certains aspects critiques. Notamment parce qu’elles prennent souvent l’allure d’

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Me Bocovo sur les perquisitions chez Atao Hinnouho : « Les policiers ne nous ont pas permis d’y assister »

Après l’échec du jeudi 7 décembre 2017, la police nationale a finalement pu perquisitionner le domicile de l’honorable Mohammed Atao Hinnouho, le week-end dernier.

C’est ce que nous a rapporté Me Alfred Bocovo, hier dimanche 10 décembre 2017, en indiquant que tout cela s’est fait en l’absence du député, et avec le refus par la police de laisser les avocats et l’huissier de l’honorable Atao prendre part aux différentes perquisitions.

Selon Me Bocovo, la police a procédé à la perquisition du domicile de l’honorable Atao Hinnouho au quartier Midombo à Akpakpa, le vendredi 8 décembre 2017. Il témoigne avoir fait le déplacement pour représenter son client à cette opération :

« Arrivé sur les lieux en compagnie d’un huissier, il y avait visiblement la tension dans l’air. Les policiers ne nous ont pas permis d’assister, c’est ainsi que nous nous sommes vus dans l’obligation de quitter les lieux. Nous avons appris plus tard que la police a perquisitionné le domicile en présence d’aucun représentant de l’honorable Atao ».

Me Bocovo relate aussi la perquisition d’un des magasins de l’honorable Atao dans la journée du samedi 9 décembre 2017. Aux termes de l’opération, il rapporte que des cartons de produits ont été emportés par la police.

Pour cette seconde perquisition, Me Bocovo a encore tenté vainement de représenter son client : « je suis arrivé sur les lieux, j’ai trouvé des éléments de la police qui m’ont fait savoir que ma présence n’était pas désirée. Leur posture se fondait sur

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